Acies : histoire mouvementée du spécialiste du crédit impôt recherche
Romain Charbonnier
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Pionnière dans le conseil aux entreprises sur le dispositif du crédit impôt recherche, la société lyonnaise Acies Consulting Group a longtemps dominé son marché, de ses débuts dans ce domaine en 1994 à il y a encore cinq ans.
Les plus grands groupes français comptaient parmi ses clients dont « un tiers inscrit au CAC 40 ». Très vite, en 1999, elle est devenue une référence et signait des contrats à tour de bras. L'argent rentrait dans ses caisses et les marges (très) confortables ont fait d'elle l'une des sociétés les plus rentables, classée dans le top 5 des 100 entreprises les plus profitables de France - jusqu'en 2009, occupant même la seconde place en 2008 avec une rentabilité de 47,79 %. 2008, l'année de son apogée avec des factures d'honoraires pouvant dépasser les sept chiffres, faisant alors sa richesse, celle de ses salariés et de ses dirigeants.
Une période faste - Acies grandit très vite, dépassant le seuil des 50 salariés pour atteindre celui de 130 -, dont auront aussi profité les quelques autres acteurs du CIR, avant que le marché ne soit contrarié par une réforme gouvernementale visant à ouvrir plus largement le dispositif aux entreprises - PME et ETI entre autres. Et dans le même temps, reconfigure celui des sociétés de conseils.
Dès lors, plusieurs cabinets se lanceront dans le très lucratif marché du CIR, pratiquant des prix compétitifs, mais affaiblissant peu à peu l'historique Acies, jusqu'à ce qu'elle voit dès la fin 2010, s'éroder son chiffre d'affaires et ses résultats nets.
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Il n'en aura donc pas fallu davantage pour déstabiliser la société, dirigée d'une main de maître par Patrick Duvarry, à sa tête depuis 1992, déjà infestée par des turbulences internes ayant éclaté à partir de 2005.
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Romain Charbonnier