La finance verte au chevet de la planète
Patrick Cappelli
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La finance verte a le vent en poupe. Ce concept récent rassemble « l'ensemble des opérations financières ayant pour finalité de favoriser la transition énergétique et de lutter contre le réchauffement climatique » selon Novethic, filiale du Groupe Caisse des Dépôts spécialiste de la finance durable. Elle est composée de fonds d'investissement verts qui favorisent les critères environnementaux, et de Green Bonds, des obligations émises pour financer les initiatives encourageant la transition énergétique. Le Grand Paris Express, par exemple, a bénéficié d'un montant record de 6 milliards d'euros en Green Bonds émis par la Société du Grand Paris. Cette finance verte, appelée aussi à impact, a pour objectif d'ajouter aux critères financiers classiques (chiffre d'affaires, rentabilité, EBITDA) des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Une sorte de capitalisme nouvelle génération qui aurait enfin pris la mesure du défi climatique et modifié son logiciel fondé sur une croissance infinie nourrie de l'exploitation sans limite des ressources naturelles. « Au xixe siècle, les machines exploitaient la planète pour générer du profit. Cela a bien fonctionné durant un siècle. La nouvelle révolution est environnementale. C'est un défi qui demande de nous réinventer totalement et la France a les atouts pour jouer son rôle » estimait ainsi Bruno Le Maire lors du Forum « Partageons l'économie » organisé par La Tribune. La pression citoyenne et l'action des ONG poussent pouvoirs publics et investisseurs privés à modifier l'allocation de leurs ressources financières pour les diriger vers une économie plus durable et plus résiliente. Ce qui passe par une modification de l'arsenal réglementaire. L'Union européenne a édicté la taxonomie verte, une classification standardisée pour évaluer la durabilité de 70 activités économiques représentant 93 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) et qui devrait entrer en vigueur en 2022. Les entreprises devront alors publier les informations concernant leur bilan carbone sur leur site. Mais ces critères de reporting extra-financiers ne sont pas pareils en Europe et aux États-Unis, et une harmonisation de la réglementation sera nécessaire pour être efficace.
Patrick Cappelli