Aurélie Filippetti : Le Centre national de la musique n'est "absolument pas budgété"

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La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, affirme, dans un entretien à l'AFP, que le financement du Centre national de la musique (CNM), annoncé en janvier par le précédent gouvernement, n'est "absolument pas budgété" et souhaite reprendre la réflexion avec la filière.

Vos premières déclarations sur le CNM ont inquiété la filière. A qui doit-il servir, selon vous ?
Aurélie Filippetti : Je souhaite aujourd'hui mettre sur pied une véritable politique de soutien au secteur musical, pour notamment encourager la diversité de la création et de la diffusion. Les industries musicales ont subi de plein fouet la révolution numérique, donc l'Etat doit se préoccuper de l'avenir de la musique et l'aider à se conforter avec des outils et des modes de financement qui sont adaptés et pérennes.
Qu'il y ait une instance de réflexion, de travail en commun, de concertation qui réunisse l'ensemble de la filière est une très bonne chose. Mais la façon dont les choses avaient été prévues n'était pas du tout responsable. On a annoncé des sommes à des gens pour les faire participer à un dispositif alors qu'elles n'étaient pas budgétées en ce qui concerne les dépenses de fonctionnement et n'étaient pas sécurisées d'un point de vue juridique pour ce qui était des taxes sur les fournisseurs d'accès internet.
Une instance oui, maintenant c'est à nous de définir ensemble collectivement quel sera son périmètre d'action.

Qu'en est-il du financement ?
A.F.: Le projet du CNM tel qu'il a été annoncé n'est absolument pas budgété. Les 15 millions d'euros qui ont été annoncés (pour son fonctionnement, ndlr) n'étaient qu'une déclaration d'intention. Il y avait aussi 50 millions d'euros par an annoncés dans le budget de l'éventuel CNM et qui devaient être pris sur le programme de soutien à la politique du livre et des industries culturelles. Il ne me semble pas de bonne politique de chercher à déshabiller une politique de soutien à la culture au profit d'une autre.
Je ne veux pas me laisser dicter mon agenda ministériel ou mes priorités budgétaires par l'héritage inconséquent du précédent gouvernement, d'autant plus que nous sommes dans une situation budgétaire extrêmement difficile et que le ministère de la Culture fera des efforts comme tous les autres ministères non prioritaires.

La charte signée par le précédent gouvernement et la filière en janvier sur la création du CNM est-elle caduque ?
A.F.: Non, rien n'est caduc, mais je souhaite reprendre la réflexion sur le chantier de la musique avec l'ensemble des acteurs. C'est pourquoi je réunirai les partenaires de la filière constitués dans le collectif "Tous pour la musique" le 11 juillet prochain. En outre, des gens avaient été laissés au bord du chemin lors de la concertation. Je souhaite intégrer les collectivités territoriales à la réflexion sur l'avenir de la politique musicale et je veux discuter avec les associations qui s'occupent de la musique classique.
Il faut travailler dans l'ordre, trouver les sources de financement, identifier les meilleurs mécanismes qui permettent d'aider la création et la diversité et ensuite seulement parler d'aides et de bénéficiaires.
Je me bats pour le maintien des financements spécifiques au secteur de la musique et je vais aller à Bruxelles le 9 juillet pour les défendre. Je suis notamment favorable à la prolongation du crédit d'impôt (à la production musicale), qui est vital pour beaucoup de producteurs indépendants.

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