Quand Xavier Niel (Free) veut inventer « un autre capitalisme »

Xavier Niel Free
Reuters
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Alors qu'il prépare un nouvel assaut sur l'opérateur américain T-Mobile pour une quinzaine de milliards de dollars, Xavier Niel, le fondateur et premier actionnaire de Free, pense-t-il avoir la recette miracle pour secouer le marché américain, le plus important au monde en valeur ? Le quadra à la tête de la dixième fortune de France (5,4 milliards d'euros du fait de ses 55% du capital d'Iliad, la maison-mère de Free) a défendu sa vision, atypique, de l'entreprise, dans une interview diffusée dans le cadre de l'émission Vox Pop sur Arte.
Ce capitalisme différent, « c'est notre modèle dans toutes les régions où nous sommes présents : être rentable et rendre aux consommateurs » des gains de pouvoir d'achat. Free n'est pour l'instant présent qu'en France mais Xavier Niel a investi à titre personnel dans un opérateur en Israël (Golan Telecom, quasi copier-coller de Free Mobile) et à Monaco. Or l'entrepreneur, qui répète qu'il n'a « qu'un seul métier dans la vie, c'est Free, le reste ce sont des activités connexes », à savoir ses participations dans la presse (Le Monde, le Nouvel Obs) ou son école gratuite de programmation informatique 42, veut effectivement aller casser le quasi duopole existant dans le mobile aux Etats-Unis (AT&T et Verizon contrôlant les deux tiers du marché), « un paysage concurrentiel beaucoup moins agressif sur les prix que ce à quoi nous sommes habitués en France », avait-il souligné dans une interview au Wall Street Journal le mois dernier, assurant qu'il pouvait faire « beaucoup plus » que ce que le patron de T-Mobile USA a initié pour animer le marché.
Xavier Niel illustre aussi son propos avec l'exemple du « roaming » (les frais d'itinérance facturés quand on utilise son téléphone à l'étranger) : il a préféré anticiper la réglementation européenne et inclure des destinations.
Celui qui traitait les clients de ses concurrents de « pigeons » n'a pas perdu son goût de la provoc' : lorsqu'on lui demande « comment fait-il ? » pour gagner de l'argent avec des prix tellement bas, il répond :
Sa structure de coûts est beaucoup plus légère, peu d'externalisation, la majorité des effectifs consacrée au service clients, pas de larges équipes marketing. Du coup, Free est lui-même un des opérateurs télécoms les plus rentables d'Europe, dans le fixe en particulier. Xavier Niel se flatte d'avoir une marge moyenne entre « 30% et 35% » en Ebitda (excédent brut d'exploitation), y compris sur son forfait à 2 euros. Ce forfait low-cost est rentable car les abonnés qui ont droit à deux heures d'appel et SMS illimités se font appeler par leurs contacts qui peuvent être abonnés à d'autres opérateurs, lesquels doivent payer à Free la « terminaison d'appel » (un tarif de gros réglementé). C'est en fait un produit d'appel qui lui permet de recruter massivement des abonnés qu'il essaie ensuite de migrer vers son forfait à plus forte valeur ajoutée à 19,99 euros.
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Celui que ses fans aiment appeler le « Robin des bois des télécoms » - mais qui aurait « acheté le château de Sherwood à la fin de l'histoire » persifle un concurrent - critique la taxe à 75% sur les rémunérations de plus de 1 million d'euros qu'en réalité « personne ne paie : c'est une loi marketing exécrable. » Toutefois, lui qui a déjà présenté la France comme « un paradis fiscal » a enfoncé le clou :
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Cette vision d'un autre capitalisme se traduit aussi dans une conviction, à la Bill Gates, le fondateur de Microsoft à l'origine de l'initiative The Pledge incitant les milliardaires à léguer au moins 50% de leur fortune personnelle à des organismes caritatifs.
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