Nein ! Free s'est semble-t-il heurté à un « non » définitif de Deutsche Telekom : Iliad, la maison-mère de l'opérateur français, vient d'annoncer ce lundi soir qu'elle « met fin au projet d'acquisition de T-Mobile US », filiale du géant allemand, « après des échanges avec Deutsche Telekom et certains représentants du conseil d'administration de T-Mobile US refusant de donner suite à sa nouvelle offre. » Iliad, qui avait déposé une première offre fin juillet à 33 dollars par action, l'équivalent de 15 milliards de dollars en numéraire, en avait amélioré les termes financiers, en augmentant de 56,6% à 67% la part du capital racheté et en proposant « environ 36 dollars par action », un montant incluant la part en cash et « la quote-part de la création de valeur. » Or en juillet, Iliad affirmait déjà que son offre avait « une valeur globale de 36,2 dollars. »
Iliad n'a pas précisé le montant total en cash de cette seconde offre, se contentant d'indiquer que celle-ci « se serait inscrite dans le cadre de la politique financière du groupe en termes d'endettement et de dilution. » Le groupe français avait indiqué début septembre qu'il envisageait de modifier le périmètre de l'offre mais pas forcément son prix : il aurait maintenu ses 33 dollars en cash et proposé avec ses partenaires financiers près de 18 milliards de dollars pour 67%, soit une valorisation de 41 milliards en incluant la reprise de dette. Iliad s'était allié à « deux fonds de private equity de premier plan », dont l'américain KKR (et un fonds souverain selon la rumeur), avec le soutien « de grandes banques internationales » (HSBC et BNP Paribas, Lazard étant conseil), ce qui n'a pas été suffisant pour convaincre Deutsche Telekom, qui détient justement 67% de T-Mobile US.
Les dirigeants de Free avaient prévenu qu'ils ne laisseraient pas la période d'incertitude s'éterniser. Les marchés financiers s'étaient montrés plutôt sceptiques à l'égard du « rêve américain » de Xavier Niel. Le cours d'Iliad a perdu plus de 25% de sa valeur depuis l'annonce de son intérêt pour le numéro quatre américain du mobile. Ce projet avait douché les espoirs de consolidation du marché français, autour d'un rachat de Bouygues Telecom.