Les secrets de la réussite en 7 Questions / Réponses

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(Crédits : DR)
Le passage de la recherche à l'entrepreneuriat est loin d'être un long fleuve tranquille. Après 21 éditions, le concours i-Lab a eu son lot de lauréats qui peuvent l'attester. A travers leur expérience, ils livrent quelques conseils à destination des futurs pionniers de la deep tech.

1  - Avec qui faire équipe ?

L'équipe est essentielle. Elle doit être complémentaire - et centrée sur le même objectif. Ainsi, Cécile Villette est ingénieure télécoms, Rihab Jerbi, spécialiste des smart grids, et Bérengère Lebental travaillait à l'École polytechnique et à l'Ifsttar sur des capteurs mesurant la déformation des routes. Elles ont fondé Altaroad, une start-up qui construit des outils de maintenance préventive et prédictive. Quant à Maxime Feyeux et Kevin Alessandri, docteurs en physique et biologie, ils se sont rencontrés en Suisse, au cours de leurs études, puis ont décidé de revenir en France pour créer leur société, TreeFrog Therapeutics, spécialisée dans la production de cellules souches.

2  - Quand faut-il se lancer ?

Le plus tôt possible ! Mais pas avant d'avoir les idées claires sur les questions de transfert de technologie, de brevets, de choix du produit, de marché, de financement... Ainsi, Neurophoenix, qui propose une nouvelle approche des maladies neurodégé- nératives de l'œil, s'est lancée dans la foulée de son succès au concours i-Lab 2018, mais après avoir passé un accord avec l'Ins- titut Pasteur sur la propriété intellectuelle. Et rien n'empêche de pivoter en cours de route. Altaroad, par exemple, s'est aperçue que les appels d'offres publics étaient trop contraignants pour son outil prédictif. Les trois cofondatrices se sont donc tournées vers d'autres marchés : les chantiers du Grand Paris.

3  - Faut-il nouer des partenariats dès le début ?

Tout dépend. « Si certains partenariats peuvent se faire très tôt, mieux vaut attendre de voir le potentiel d'efficacité - dans le cas de Womed, celle d'une fine feuille d'un nouveau polymère, issue des travaux de chercheurs de l'université de Montpellier, visant   à protéger un utérus abîmé - pour ne pas faire d'erreur dans     le contrat de partenariat », déclare Gonzague Issenmann, cofon- dateur de Womed. Mais une fois les résultats de l'étude clinique connus, la start-up se mettra activement en quête de partenariats industriels et d'agréments pour une commercialisation du pro- duit en Europe.

4  - Faut-il être accompagné ?

Absolument ! L'accompagnement peut prendre diverses formes : hébergement dans un incubateur ou une SATT, parrainage, si l'on est lauréat du concours i-Lab, d'un professionnel aguerri, ou spécialistes, notamment sur l'international. Ainsi, Neurophoenix a d'abord été accueillie par l'incubateur de l'Institut de la vision.

Lauréate du concours i-Lab en 2018, elle a eu comme parrain Franck Mouthon, PDG de Theranexus. « Il est important que les porteurs de projets ne soient pas seuls », dit-il. De fait, la créa- tion d'une société peut s'avérer complexe, surtout pour des chercheurs... Des détails sur le produit et sa fabrication aux choix stratégiques en passant par le financement, les conseils sont toujours bons à prendre. Franck Botta, fondateur de la start-up Wizama, spécialisée dans les jeux vidéo et de socié- té, a ainsi trouvé en Alexis Garavaryan, créateur de Kowloon Nights, un fonds d'investissement spécialisé dans ce secteur, le partenaire idéal pour se déployer. « Je souhaitais être épau-   lé par un professionnel qui connaissait aussi bien l'univers des jeux vidéo que les techniques de levées de fonds », explique l'entrepreneur rennais.

5  - Quand lever des fonds ?

Pas de précipitation... « Ce n'est que lorsque nos besoins d'in- dustrialisation seront forts que nous penserons à un financement extérieur. Certaines applications n'arriveront que dans cinq ans », indique Denis Barbier, cofondateur de Microlight3D, une start- up grenobloise qui a mis au point une technologie capable d'im- primer en 3D des pièces complexes de quelques micromètres. Et déjà, la jeune pousse a engrangé des fonds, en vendant ses premières machines à des chercheurs, aux États-Unis, à Singa- pour, à Taïwan, en Chine et en Europe.

6  - Faut-il penser international dès le début ?

Oui, mais en fonction du produit, évidemment. À partir de Cler- mont-Ferrand, Allegorithmic a conquis le monde des jeux vidéo, de l'animation et des effets spéciaux et réalise 95 % de son chiffre d'affaires à l'international. Lactips, spécialisée dans le plastique hydrosoluble, biosourcé à partir de la caséine du lait et biodé- gradable, « s'attaque à des enjeux environnementaux et pla- nétaires », indique sa cofondatrice, Marie-Hélène Gramatikoff. Quant à Womed, qui travaille sur l'infertilité, elle vise un marché de milliards de femmes, notamment en Chine.

7  - Y a-t-il des erreurs de débutant à éviter ?

« Celle d'aller trop vite et de ne pas faire attention aux détails », répond David Henri, cofondateur, en 2015, d'Exotrail, une start- up qui développe des propulseurs électriques pour de petits satellites. Un risque que d'autres concurrents dans le secteur n'ont pas forcément évité.

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