Chute d’Intel : comment le géant américain des semi-conducteurs s’est fourvoyé
Guillaume Renouard
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(Photo d'illustration.)
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Les nuages continuent de s'amonceler sur Intel. En juillet, le géant américain des semi-conducteurs a procédé à une nouvelle coupe dans ses effectifs, moins d'un an après s'être déjà séparé de 15 % de sa masse salariale. C'est cette fois-ci, ce sont 20 % de sa main-d'œuvre allouée à son activité de fonderie qu'Intel a remerciés. Elle prévoit ainsi de finir l'année avec 75 000 personnes, soit une diminution de près d'un tiers de sa masse salariale en moins d'un an.
Il faut dire que la société a subi de gros déboires financiers, enchaînant sept trimestres consécutifs de baisse du chiffre d'affaires, ce qui a fortement nui à son cours boursier. Celui-ci a chuté de 60 % rien qu'en 2024, la deuxième pire performance du S&P 500. À la fin de l'année dernière, le conseil d'administration d'Intel a mis à la porte son PDG, Pat Gelsinger, qui avait été chargé de redresser l'entreprise. Il a été remplacé par Lip-Bu Tan. Jadis l'entreprise américaine des semi-conducteurs la mieux valorisée, Intel a désormais une capitalisation boursière inférieure à celles de Nvidia, Qualcomm, Broadcom, Texas Instruments et AMD.
Alors que Softbank vient de réaliser dans l'entreprise un investissement de 2 milliards de dollars et que l'État fédaral américain a pris à son tour une participation de 10 % dans la société, le tout ressemblant fort à une opération de sauvetage, une question s'impose : comment Intel en est-elle arrivée là ?
Avant de connaître ses déboires actuels, Intel a longtemps été un titan à la pointe de l'innovation dans les semi-conducteurs. En 2000, elle fut brièvement la deuxième entreprise la mieux valorisée au monde. Une position qu'elle avait acquise en devenant très tôt un acteur innovant du marché.
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Fondée en 1968, l'entreprise développe notamment l'architecture CPU x86, qui s'est imposée comme un standard dans l'informatique d'entreprise, puis grand public, notamment grâce à un accord passé en 1981 qui a vu IBM choisir la technologie d'Intel pour équiper ses PC. Les processeurs d'Intel deviennent alors, avec le système d'exploitation de Microsoft et les machines d'IBM, l'un des piliers de la démocratisation de l'informatique. Ses puces équipent également les centres de données géants que les entreprises construisent pour satisfaire leur insatiable besoin de puissance de calcul. La société américaine devient ainsi le premier vendeur de semi-conducteurs au monde.
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Guillaume Renouard