La pénurie de semi-conducteurs semble se résorber : pourquoi ce n'est pas forcément une bonne nouvelle
Guillaume Renouard
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« Fort de l'expérience accumulée au cours des deux dernières années, tout le monde dans l'industrie s'inquiète de la dépendance excessive à TSMC, de la concentration des capacités de production à Taiwan et de la trop forte dépendance des chaînes de...
Tyrone Siu
Plusieurs facteurs se combinent pour modérer la demande de puces électroniques, contribuant à faire baisser les prix et à rééquilibrer un marché en situation de pénurie depuis la pandémie. Ce rééquilibrage ne concerne toutefois que certains types de puces, et la pénurie risque donc de se prolonger dans certains secteurs stratégiques. La volonté de recentraliser la production pour limiter les risques pesant sur les chaînes de valeur demeure, elle, intacte.
La pénurie de semi-conducteurs qui handicape de nombreuses industries depuis la pandémie serait-elle enfin en voie d'amélioration ? Plusieurs signaux permettent en tout cas de le penser. Les uns après les autres, les fabricants de puces affirment constater un ralentissement de la demande, et disent prévoir un ajustement de leurs investissements en fonction.
Nvidia, Intel... les fondeurs de puces en alerte
En juin, Micron Technology, un fabricant de puces mémoires américain, a réduit de 20% le montant de ses ventes prévisionnelles pour le troisième trimestre, à 7,2 milliards de dollars.
Chez Intel, le directeur financier David Zinsner a annoncé que les perspectives du second semestre s'étaient dégradées et que l'entreprise allait ajuster ses dépenses et investissements en fonction de cette nouvelle donne.
Même son de cloche du côté de Nvidia, qui a vu son action chuter de 48% depuis le début de l'année et a annoncé freiner les recrutements après avoir constaté un ralentissement de la demande sur deux de ses marchés stratégiques, le minage de cryptomonnaies et les jeux vidéo.
Pourquoi la demande de semi-conducteurs est en train de se tasser
« La pénurie de puces est causée par un déséquilibre entre l'offre et la demande. Les contraintes qui pèsent sur l'offre n'ont pas changé, mais la demande est incontestablement en train de ralentir. En effet, la hausse des ventes d'ordinateurs constatée depuis la pandémie arrive à son terme, ce qui touche directement Intel et AMD. En parallèle, les investissements dans le minage de bitcoin sont en baisse : Nvidia en est fortement affectée. Enfin, la demande pour les puces mémoires est également en train de se tasser, ce qui a des conséquences sur une entreprise comme Samsung », résume David Yoffie, un professeur à la Harvard Business School ayant auparavant servi au sein du conseil d'administration d'Intel.
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Confrontés à un panel d'activités limité, à une dépendance accrue à leurs appareils électroniques pour leur loisir et le travail, et dotés d'un surplus d'argent à dépenser, nombre d'individus ont en effet profité de la pandémie pour renouveler leur smartphone, leur ordinateur et autres gadgets technologiques, entraînant un pic de la demande dans ces deux industries.