Semi-conducteurs : Intel pourrait être racheté par Qualcomm
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Intel vaut 93 milliards de dollars en Bourse.
NATHAN FRANDINO
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Intel vaut 93 milliards de dollars en Bourse.
NATHAN FRANDINO
Assiste-t-on à la fin d'une ère dans le monde des semi-conducteurs ? Selon le Wall Street Journal, le géant des puces pour la téléphonie mobile Qualcomm a approché son concurrent Intel, la semaine dernière, en vue d'un éventuel rachat.
Deux sources proches du dossier avaient déclaré à Reuters début septembre que Qualcomm étudiait la possibilité d'acheter certaines parties de l'activité de conception d'Intel, afin de renforcer son portefeuille de produits. Un porte-parole d'Intel avait déclaré, à l'époque, que Qualcomm n'avait pas contacté le groupe au sujet d'une acquisition potentielle.
Vendredi, le Wall Street Journal a lui évoqué une potentielle fusion-acquisition des deux groupes. Les deux groupes auraient eu des contacts alors que le conseil d'administration d'Intel s'est réuni la semaine dernière pour examiner une proposition du directeur général Pat Gelsinger concernant la réduction des activités. Ni Qualcomm, ni Intel n'ont immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters concernant les informations du Wall Street Journal.
Compte tenu de la valeur marchande d'Intel, une acquisition réussie de l'ensemble de l'entreprise serait classée comme la plus grande opération de fusion-acquisition technologique de tous les temps, surpassant l'acquisition d'Activision Blizzard par Microsoft pour 69 milliards de dollars. Et pour cause, Intel vaut 93 milliards de dollars en Bourse, tandis que Qualcomm est valorisé 118 milliards de dollars. Ils sont notamment devenus des champions nationaux aux États-Unis, à mesure que la fabrication de puces électroniques devient de plus en plus politisée.
Un accord est cependant loin d'être acquis, selon le Wall Street Journal. Même si Intel se montre réceptif, un accord de cette ampleur ne manquera pas d'attirer l'attention des autorités antitrust, même s'il est également possible qu'il soit perçu comme une opportunité de renforcer l'avantage concurrentiel des États-Unis dans le domaine des puces électroniques. Pour conclure l'accord, Qualcomm pourrait avoir l'intention de vendre des actifs ou des activités d'Intel à d'autres acheteurs, explique le quotidien américain.
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Qualcomm avance ses pions dans un moment opportun. Intel, autrefois le fabricant de puces électroniques le plus valorisé au monde, avait vu ses actions chuter d'environ 60% depuis le début de l'année. En 2020 encore, la société avait une valeur boursière supérieure à 290 milliards de dollars. L'action a clôturé en hausse de plus de 3% vendredi après l'annonce du Wall Street Journal.
En retard sur ses concurrents dans les puces adaptées à l'intelligence artificielle (IA) générative, le groupe américain a publié des pertes nettes de 1,6 milliard de dollars au deuxième trimestre, au lieu de 1,5 milliard de bénéfice net il y a un an. Toujours entre avril et juin, le groupe a réalisé 12,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires, moins qu'attendu par les analystes et en baisse de 1% sur un an.
L'entreprise a subi des « vents contraires » au deuxième trimestre qui ont freiné la production de composants pour la nouvelle génération d'ordinateurs adaptés à l'IA, avait reconnu son directeur financier, David Zinsner, début août.
En réponse, le groupe a lancé un grand plan de réduction des coûts comportant un grand plan social pour réduire ses coûts de 10 milliards de dollars : il prévoit de licencier plus de 15% de son personnel d'ici la fin de l'année. L'entreprise comptait près de 125.000 employés fin 2023, ce sont donc quelque 18.000 personnes qui devraient perdre leur travail.
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Alors que le reste de l'industrie investit massivement dans les composants électroniques de pointe, payés à prix d'or par les géants des technologies (Microsoft, Google, etc.), Intel compte réduire ses dépenses en capital de plus de 20% pour l'ensemble de l'année, à un montant compris entre 25 et 27 milliards de dollars.
(Avec Reuters)
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