Semi-conducteurs : l'Estonie et la Lituanie fustigent les restrictions américaines
latribune.fr
Le président lituanien Gitanas Nauseda a aussi condamné la décision d'isoler certains pays, estimant que « l'Union européenne devrait rester indivisible ».
Après l'annonce de nouvelles limites à l'exportation de puces de pointe de Washington, la Lituanie et l'Estonie ont fait part de leur mécontentement. Ces dernières sont en effet concernées par les restrictions à l'inverse de la France et l'Allemagne.
L'Estonie et la Lituanie sont remontées contre Washington et sa décision de limiter les exportations de semi-conducteurs, prise mercredi. Et pour cause, cette dernière vise à empêcher l'accès de la Chine et d'autres rivaux à cette technologie de pointe. Sauf que cette règle concerne aussi certains pays de l'Otan et de l'Union européenne. Ainsi, si certains pays, dont la France et l'Allemagne en sont exemptés, d'autres, comme l'Estonie, la Lituanie ou la Pologne, ne le sont pas.
« La décision prise par l'administration américaine sortante de restreindre les exportations de puces IA avancées à certains alliés est totalement irréfléchie et nuisible (...). En développant l'IA, les alliés doivent élargir leur coopération au lieu de s'imposer des restrictions mutuelles », a déclaré le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, sur le réseau X.
Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a aussi condamné la décision d'isoler certains pays, estimant que « l'Union européenne devrait rester indivisible ». « J'espère que ces décisions ne sont pas définitives et qu'elles évolueront en notre faveur », a-t-il déclaré à la presse ce jeudi. En début de semaine, l'Union européenne s'est également inquiétée des nouvelles règles d'exportations, insistant sur le fait que l'UE ne représentait « pas un risque pour la sécurité » des États-Unis.
Les nouvelles règles, qui renforcent les conditions nécessaires afin de permettre l'exportation de ces semi-conducteurs, visent à éviter que Pékin puisse en disposer pour des activités militaires et « contournent nos lois tout en réduisant la sécurité nationale des États-Unis », a expliqué la secrétaire au Commerce sortante Gina Raimondo, citée dans un communiqué.
Concrètement, elles imposent la demande d'une autorisation dans un nombre de cas plus large, permettant de mieux intégrer à la liste de restrictions de nouvelles entreprises pouvant apparaître sur le marché du semi-conducteur et précisant le type de semi-conducteurs concernés.
Newsletter
Tech & IA
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.
Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce a estimé que « ces règles enfreignaient sérieusement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises et fragilisaient les règles de marché et l'économie internationale ». « De nombreuses entreprises américaines et associations d'industries ont clairement exprimé leur opposition à ces mesures ; certains pays et régions ont également souligné leur incompréhension et désaccord. Il s'agit d'actes typiques de coercition et d'intimidation économique », a ajouté Pékin.
En réponse, la Chine a annoncé ce jeudi le lancement d'une enquête sur les importations de puces électroniques américaines à technologie dite « mature », employées aussi bien dans l'automobile que l'électroménager.
« L'industrie nationale des puces a exprimé des préoccupations selon lesquelles (...) le gouvernement de Joe Biden a accordé d'importantes subventions à l'industrie des puces électroniques, leur permettant (...) de bénéficier d'un avantage concurrentiel déloyal », a justifié un représentant du ministère chinois du Commerce dans une déclaration publiée en ligne annonçant le lancement de l'enquête.
« Les préoccupations de l'industrie nationale chinoise sont raisonnables et (les entreprises) sont en droit de demander » une enquête, a déclaré un porte-parole du ministère. Pékin n'a pas précisé à quelle date l'enquête serait effectivement lancée, ni pendant combien de temps les investigations auraient lieu.