Semi-conducteurs : TSMC démarre la construction de sa première usine en Europe
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L'immense majorité de la fabrication de puces électroniques est actuellement localisée en Asie, particulièrement à Taïwan, pays historique de TSMC.
Ann Wang
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L'immense majorité de la fabrication de puces électroniques est actuellement localisée en Asie, particulièrement à Taïwan, pays historique de TSMC.
Ann Wang
Top départ pour la production de composants électroniques en Europe pour la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC). Le numéro un mondial des semi-conducteurs a donné ce mardi le coup d'envoi du chantier de sa première usine européenne, en Allemagne. Le chancelier allemand Olaf Scholz et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, étaient présents à Dresde pour le premier coup de pioche symbolique, aux côtés de responsables du groupe taïwanais.
Le groupe compte investir 3,5 milliards d'euros dans cette usine, dont il détiendra 70% du capital, en partenariat avec les groupes néerlandais NXP et allemands Infineon et Bosch, impliqués à hauteur de 10% chacun. Les investissements totaux de ce projet phare, situé dans la « Silicon Saxony », pôle industriel datant de la période communiste et dédié aux semi-conducteurs, atteindront 10 milliards d'euros, selon les quatre partenaires.
L'usine allemande sera spécialisée dans la production de semi-conducteurs pour le secteur automobile, une branche phare de l'industrie allemande, engagée dans une mutation historique vers les technologies électriques. L'objectif est de débuter la production d'ici la fin de 2027. L'usine devrait avoir une capacité de production mensuelle de 40.000 tranches de silicium de 300 mm, une des technologies les plus avancées. Quelque 2.000 emplois directs doivent être créés.
L'immense majorité de la fabrication de puces électroniques est actuellement localisée en Asie, particulièrement à Taïwan. Mais du fait des bouleversements de la chaîne logistique qui avaient créé une pénurie de composants à l'issue de la crise sanitaire et de la menace d'une invasion de l'île revendiquée par la Chine, les pays occidentaux veulent développer la production sur leur propre sol. Et pour cause, les puces sont devenues incontournables dans toute l'industrie mondiale, des ordinateurs portables aux éoliennes en passant par les missiles.
Berlin n'a donc pas lésiné sur les moyens pour attirer TSMC : jusqu'à cinq milliards d'euros de subventions allouées au projet. Les annonces d'ouverture d'usines, assorties de milliards d'euros d'investissements et de subventions, se sont multipliées dans toute l'Allemagne depuis trois ans, de Intel à Wolfspeed, en passant par Globalfoundries.
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De son côté, en juillet, la Commission européenne, dans le cadre de l'entreprise commune européenne pour les semi-conducteurs, a annoncé le lancement de plusieurs appels à projet. Le financement total de l'Union européenne pour ces appels s'élève à 325 millions d'euros. Les projets devront concerner des centres de compétences, une plateforme de conception de semi-conducteurs basée sur l'informatique en nuage et des projets innovants en photonique.
Cette volonté de l'Union européenne de financer des projets liés aux semi-conducteurs découle du « Chips Act », règlement européen adopté en avril dernier par l'UE. Il fixe l'objectif de doubler la part de marché actuelle de l'UE d'ici la fin de la décennie, c'est-à-dire passer d'environ 10% du marché mondial à 20% en 2030. En conséquence, la production devra être multipliée par quatre.
TSMC s'est lui aussi lancé dans une diversification de ses sites industriels, avec des projets d'usines en dehors de Taïwan. Pour l'entreprise, il s'agit aussi de protéger ses activités aujourd'hui concentrées sur l'île menacée par l'armée chinoise... tout en bénéficiant de milliards d'euros de subventions.
Ainsi, elle a décidé cette année de construire trois usines sur le sol américain pour produire des puces de pointe. Gina Raimondo, ministre du commerce a assuré en avril que TSMC allait créer « au moins 6.000 emplois directs » dans ces usines, « plus de 20.000 emplois » pour la construction et « des dizaines de milliers d'emplois indirects ».
Lael Brainard, principale conseillère économique de Joe Biden a précisé, elle aussi, en avril, que l'investissement envisagé par TSMC s'appuyait sur un accord préliminaire avec le ministère du Commerce, lié à une grande loi d'investissement dans les technologies, le « Chips and Science Act ». Selon cet accord, l'entreprise taïwanaise recevra jusqu'à 6,6 milliards de dollars de financements directs et pourra bénéficier de 5 milliards supplémentaires sous forme de prêts.
Sous la pression de ses clients - mais aussi des gouvernements -, le taïwanais a aussi inauguré, fin février une méga-usine au Japon - pour un coût équivalent à 8 milliards d'euros - subventionnée à plus de 40% par le Japon, qui souhaite revitaliser son industrie des semi-conducteurs.
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Le géant taïwanais a fait état début juillet d'une forte croissance de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre. Il s'est élevé à 673,51 milliards de dollars taïwanais (19,11 milliards d'euros), d'après les calculs de l'agence de presse Reuters, s'appuyant sur les publications mensuelles de l'entreprise. Pour le seul mois de juin, TSMC a enregistré une hausse de 33% de son chiffre d'affaires sur un an.
Le groupe n'a toutefois pas fourni d'autres détails dans sa brève déclaration de revenus, comme son bénéfice net par exemple. Selon une estimation LSEG SmartEstimate, il devrait avoir augmenté de 30% sur un an. Entre janvier et mars, celui-ci avait progressé de 9%, pour s'établir à 225,4 milliards de dollars de Taïwan (6,39 milliards d'euros).
Les résultats de TSMC profitent particulièrement de l'essor de l'intelligence artificielle (IA). Et pour cause, cette technologie est particulièrement gourmande en semi-conducteurs pour fonctionner - tout comme de nombreux produits de consommation courante, allant des appareils de cuisine aux téléphones portables, en passant par les voitures et les armes.
Avec la révolution de l'IA générative, déclenchée il y a moins de deux ans par le succès de ChatGPT, TSMC a vu son activité connaître une nouvelle phase d'accélération, pour des semi-conducteurs de pointe nécessaires à l'entraînement des modèles d'IA et pour faire fonctionner les applications.
(Avec AFP)
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