Semi-conducteurs: TSMC voit son bénéfice s’envoler
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TSMC prévoit une hausse de près de 30% de son chiffre d'affaires en 2024, par rapport à l'année dernière.
DADO RUVIC
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TSMC prévoit une hausse de près de 30% de son chiffre d'affaires en 2024, par rapport à l'année dernière.
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Le géant taïwanais des semi-conducteurs poursuit sa bonne lancée. TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) a annoncé ce jeudi un bénéfice net en hausse de 54,2% au troisième trimestre, par rapport à la même période l'an dernier.
« Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires s'est accru de 12,8%, notre entreprise ayant été soutenue par une forte demande liée aux téléphones et à l'IA pour nos technologies de pointe de 3 nm et 5 nm », a écrit TMSC.
Dans le détail, le groupe a dégagé un bénéfice net de 325,26 milliards de dollars taïwanais (9,3 milliards d'euros) sur la période s'étendant de juillet à septembre 2024, contre 211 milliards de dollars de Taïwan, durant la même période l'an dernier. Ce qui constitue une hausse de 54,2%. Le chiffre d'affaires du troisième trimestre a, lui, atteint 21,75 milliards d'euros, en hausse de 36% sur un an, d'après un communiqué de l'entreprise.
Dans ce contexte, TSMC prévoit une hausse de près de 30% de son chiffre d'affaires annuel par rapport à 2023 : « Nous prévoyons désormais que notre chiffre d'affaires annuel va s'accroître de près de 30% en dollars américains », a déclaré le président de l'entreprise, C. C. Wei, lors d'une visioconférence avec des analystes.
TSMC n'en finit plus de monter. Le spécialiste a même brièvement rejoint en juillet le club très fermé des entreprises valorisées par les marchés à plus de 1.000 milliards de dollars. Il faut dire que le géant contrôle plus de la moitié de la production mondiale de semi-conducteurs, utilisés dans tous les domaines, des smartphones aux missiles en passant par les voitures. Après le succès fulgurant de ChatGPT, TSMC est aujourd'hui à l'avant-garde de la révolution de l'IA générative, produisant les puces les plus avancées au monde, nécessaires pour alimenter les produits fabriqués par des entreprises de la Silicon Valley.
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Le groupe taïwanais travaille étroitement avec le leader de la conception de ces puces spécialisées, l'américain Nvidia, qui est devenu brièvement en juin l'entreprise à la plus forte valorisation au monde, autour de 3.300 milliards de dollars. Il travaille également avec les concurrents de Nvidia comme Qualcomm et AMD, et la demande pour ses produits est telle que son carnet de commande est rempli pour les années à venir. Son client le plus célèbre reste cependant Apple, qui s'appuie sur TSMC pour les processeurs équipant ses smartphones et ordinateurs portables.
L'entreprise est néanmoins aux prises avec les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine au sujet des restrictions d'importations de technologies, du commerce et de Taïwan. En effet, le siège social de TSMC et la majeure partie de ses usines se trouvent à Taïwan, île que la Chine revendique comme faisant partie de son territoire. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont ainsi bloqué les exportations de technologies relatives aux puces high-tech vers la Chine, craignant de les voir employées à des fins militaires. Par ailleurs, la pression est encore monté dans la zone ces derniers jours, la Chine ayant conduit lundi des manœuvres militaires de grande ampleur autour de Taïwan.
Dans ce contexte tendu, TSMC s'est lancé dans une diversification de ses sites industriels, avec des projets d'usines en dehors de Taïwan. L'entreprise construit actuellement deux « fabs » (usines) aux Etats-Unis et en projette une troisième, pour un investissement total de 65 milliards de dollars, principalement dans l'Arizona. Mais ses projets sont confrontés à de nouvelles difficultés aux Etats-Unis, notamment un manque de main d'œuvre qualifiée selon le groupe, dans la mesure où la fabrication de semi-conducteurs demande des compétences très pointues.
TSMC a également annoncé cette année un investissement de 8,6 milliards de dollars au Japon. Et ce, avec « l'important soutien » du gouvernement japonais. Le groupe prévoit par ailleurs d'installer bientôt une première usine en Allemagne.
Dans le secteur des semi-conducteurs, l'heure n'est pas à la fête pour tous. Les actions du secteur de la tech ont ainsi dégringolé mercredi, sur fond d'inquiétudes sur la robustesse des ventes mondiales de puces. L'équipementier européen ASML a notamment vu mardi son titre plonger de plus de 15% à la Bourse d'Amsterdam, après avoir annoncé un abaissement de ses perspectives pour 2025.
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ASML a notamment affiché au troisième trimestre des commandes d'un montant de 2,6 milliards d'euros, identique à la même période de l'an dernier, mais moitié moins que les 5,56 milliards d'euros du deuxième trimestre. « Si l'IA continue d'évoluer fortement et de présenter un potentiel de hausse, d'autres segments du marché mettent plus de temps à se redresser », a justifié Christophe Fouquet, président directeur général d'ASML, dans un communiqué.
(Avec AFP)
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