Semi-conducteurs : le géant européen ASML profite aussi de l’engouement autour de l’IA
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Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires d'ASML a atteint 6,2 milliards d'euros et son bénéfice net 1,6 milliards d'euros.
DADO RUVIC
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Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires d'ASML a atteint 6,2 milliards d'euros et son bénéfice net 1,6 milliards d'euros.
DADO RUVIC
ASML a retrouvé des couleurs sur le deuxième trimestre. L'équipementier européen pour l'industrie des semi-conducteurs, basé à Veldhoven au sud des Pays-Bas, a globalement reçu beaucoup plus de commandes entre avril et juin comparé aux trois premiers mois de l'année, selon un communiqué publié ce mercredi.
C'est bien mieux que les 5,3 milliards d'euros enregistrés au premier trimestre, mais toutefois en baisse comparé à la même période l'année dernière (6,9 milliards d'euros, soit -9,6%). Idem du côté du bénéfice net : il s'est établi à 1,6 milliard d'euros au deuxième trimestre, ce qui s'avère moindre que l'année dernière (1,9 milliard d'euros) mais supérieur au premier trimestre (1,2 milliard d'euros).
Avec ces résultats, ASML termine le trimestre mieux qu'attendu par les analystes. Ces derniers tablaient sur un bénéfice de 1,41 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires de 6,04 milliards d'euros, selon les données LSEG.
Cette croissance est principalement due au développement rapide du secteur de l'intelligence artificielle (IA), explique le PDG dans le communiqué.
En témoignent les résultats de l'un de ses concurrents, le géant taïwanais TSMC, premier producteur au monde de semi-conducteurs. Lui aussi a enregistré une forte croissance de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre : +40% par rapport à la même période l'année dernière, à 19,11 milliards d'euros.
L'IA a particulièrement besoin de puces pour fonctionner - sachant que de nombreux produits de consommation courante en utilisent également, à l'instar des appareils de cuisine, les téléphones portables ou encore les voitures. La demande n'est donc pas prête à se tarir, bien au contraire. Les ventes mondiales devraient atteindre 611,2 milliards de dollars cette année, soit un sommet pour l'industrie, selon la Semiconductor Industry association. Cela représenterait un bond de 16% sur un an, avant un autre estimé à +12,5% en 2025, estime cette organisation professionnelle.
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Par ailleurs, les nouvelles réservations d'ASML ont augmenté au deuxième trimestre pour atteindre 5,6 milliards d'euros, contre 3,6 milliards d'euros sur le précédent. Environ la moitié de ces réservations provient des lignes de produits utilisant les longueurs d'onde de l'ultraviolet extrême (EUV), essentielles pour la fabrication de puces d'intelligence artificielle et de smartphones. C'est là encore mieux qu'attendu : les analystes estimaient que le carnet de commandes de l'entreprise augmenterait pour atteindre environ 5 milliards d'euros, selon un consensus Visible Alpha.
Dans ce contexte, Christophe Fouquet s'affiche plutôt serein pour le reste de l'année. « Nos perspectives pour l'année 2024 reste inchangées », a-t-il déclaré dans le communiqué. Il détaille ainsi prévoir un chiffre d'affaires net total pour le troisième trimestre compris entre 6,7 et 7,3 milliards d'euros avec une marge brute comprise entre 50% et 51%. « Nous considérons 2024 comme une année de transition avec des investissements continus dans l'augmentation de la capacité et technologie », rappelle-t-il.
En dépit de ces résultats, le titre ASML a perdu quasiment 6% au cours de la matinée de ce mercredi à la Bourse d'Amsterdam. En cause : des informations sur des risques de nouvelles restrictions commerciales par l'administration américaine sur l'exportation dans le secteur des puces, qui ont refroidi les investisseurs.
Le groupe est en plein cœur de la guerre commerciale opposant, d'un côté, les États-Unis rejoints par les Pays-Bas et le Japon et, de l'autre, la Chine. Tous trois imposent des limites à l'exportation concernant les équipements de pointe de fabrication de puces, visant à empêcher Pékin d'acquérir les puces les plus avancées. Objectif : « limiter le développement technologique de la Chine dans un contexte de hausse des tensions géopolitiques », comme l'expliquait à La Tribune, Estelle Prin, fondatrice de l'Observatoire européen des semi-conducteurs, en janvier.
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Malgré les restrictions actuelles, ASML a réalisé environ la moitié de son chiffre d'affaires en Chine, pour le deuxième trimestre consécutif. Ces limitations concernent ses machines EUV et non pas toutes celles qu'il fabrique. Du moins pour le moment.
(Avec agences)
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