Usine de semi-conducteurs en France : dans les coulisses de l’accord Foxconn-Thales
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Le président de Foxconn, Liu Yangwei, et la ministre Clara Chappaz, à Paris lors de VivaTech, en juin.
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Le secret aura été bien gardé. Juste avant l'ouverture du sommet Choose France, au mois de mai, l'Élysée révèle que le fleuron tricolore de la défense Thales et le poids lourd taïwanais de l'électronique Foxconn envisagent d'implanter sur notre sol une usine de semi-conducteurs. Le projet doit se faire en partenariat avec Radiall, spécialiste des connecteurs et composants. « Un pas vers l'autonomie stratégique pour la microélectronique », exulte la présidence. L'annonce fait l'effet d'une bombe, alors que la France peine à se réindustrialiser et que 80 % de la production de semi-conducteurs provient d'Asie du Sud-Est.
Certes, la France avait déjà réussi à convaincre l'entreprise taïwanaise Prologium de se lancer dans une gigafactory de batteries à Dunkerque. Le montant d'investissement attendu de Foxconn est moindre, puisqu'il doit contribuer avec Thales et Radiall à une enveloppe de « seulement » 250 millions d'euros. Mais en termes d'images, le nom de ce champion taïwanais claque bien davantage et laisse espérer un effet d'entraînement vis-à-vis d'autres acteurs, taïwanais et étrangers. C'est donc un joli coup.
Plus précisément, il est question de faire sortir de terre un site « d'emballage » (advanced packaging), un processus qui consiste à encapsuler la puce de silicium ou le circuit intégré. Un maillon critique de la chaîne, encore très peu développé en Europe. Les semi-conducteurs qui en sortiront seront destinés aux secteurs du spatial, de la défense et de l'automobile. Chez Thales, on évoque pudiquement « plusieurs mois de négociations » pour arriver à ce résultat. Foxconn, comme à son habitude, se refuse à commenter quoi que ce soit.
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Mais ce partenariat doit aussi, en coulisse, aux efforts diplomatiques français lancés un an et demi plus tôt pour se rapprocher économiquement de Taïwan. Une volonté partagée par Taipei. « Nous n'avions pas la faculté d'imposer à Foxconn d'investir en France, mais nous pouvions favoriser les choses et c'est ce que nous avons fait », reconnaît François Wu, le vice-ministre des Affaires étrangères de Taïwan.