En Italie, Mediaset renforce ses défenses contre Vivendi

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Mediaset détient déjà 3,795% de son capital en actions propres. La holding de la famille Berlusconi, Fininvest, en contrôle de son côté 39,53% (représentant 41,08% des droits de vote).
Mediaset détient déjà 3,795% de son capital en actions propres. La holding de la famille Berlusconi, Fininvest, en contrôle de son côté 39,53% (représentant 41,08% des droits de vote). (Crédits : Reuters)
Les actionnaires de Mediaset ont voté mercredi en faveur du rachat d'actions en propre jusqu'à 10% de son capital, une opération qui doit permettre à la famille Berlusconi de se renforcer face à Vivendi, devenu l'an passé le deuxième actionnaire du groupe de télévision italien. Parallèlement, Mediaset a annoncé avoir déposé le 8 juin un nouveau recours contre Vivendi, avec qui il est à couteaux tirés depuis près d'un an.

Le groupe de médias de la famille Berlusconi met les bouchées doubles pour se protéger de l'ogre Vivendi. Les actionnaires de Mediaset ont voté mercredi en faveur du rachat d'actions en propre jusqu'à 10% de son capital, une opération qui doit permettre à la famille Berlusconi de se renforcer face à Vivendi, devenu l'an passé le deuxième actionnaire du groupe de télévision italien. Parallèlement, Mediaset a annoncé avoir déposé le 8 juin un nouveau recours contre Vivendi, avec qui il est à couteaux tirés depuis près d'un an.

98,68% du capital représenté à l'assemblée générale, qui s'est tenue au siège du groupe italien à Cologno Monzese, près de Milan, s'est prononcé en faveur du renouvellement de la délégation pour racheter jusqu'à 10% du capital en actions propres. Parmi les actionnaires minoritaires, ils ont été plus de 94% à le faire, alors que le seuil requis était de 50%+1 action. Mediaset détient déjà 3,795% de son capital en actions propres. La holding de la famille Berlusconi, Fininvest, en contrôle de son côté 39,53% (représentant 41,08% des droits de vote). Vivendi, qui détient pour sa part 28,8% du capital (29,94% des droits de vote), n'a pas participé à l'AG. Interrogée par l'AFP, la société de Vincent Bolloré s'est refusée à commenter son absence.

Le groupe français a pourtant été extrêmement présent dans les débats. Vivendi et Mediaset avaient signé en avril 2016 un "accord stratégique" prévoyant le rachat par Vivendi de 100% du bouquet de télévision payante Premium et un échange de participations à hauteur de 3,5% entre les deux groupes. Mais Vivendi a dénoncé cet accord le 25 juillet, arguant de doutes sur les résultats futurs du bouquet, ce qui a déclenché la colère de la famille Berlusconi. Fin 2016, le groupe français est monté au capital de Mediaset lors d'un raid éclair qualifié d'"hostile" par les Berlusconi, qui ont engagé différentes actions en justice, via Fininvest et Mediaset.

"Nous sommes contre les raids"

Le président du groupe italien, Fedele Confalonieri, a annoncé mercredi que Mediaset avait "de nouveau cité Vivendi au tribunal pour violation contractuelle, concurrence déloyale et violation de la loi sur le pluralisme télévisé". Le premier recours de Mediaset, déposé le 19 août 2016, était lié à l'exécution du contrat. Le deuxième, fait le 8 juin, a trait à la montée de Vivendi à son capital. Mediaset demande à la justice la cession de la participation de Vivendi à son capital, selon des modalités n'affectant pas l'évolution du titre en Bourse. "Nous voulons l'exécution du contrat", a martelé le patron de Mediaset, Pier Silvio Berlusconi, le fils de l'ex-chef du gouvernement.

Dénonçant le comportement de Vivendi, qui a durement impacté les comptes de Mediaset en 2016, Fedele Confalonieri a affirmé que le groupe ne se retirerait "pas du terrain judiciaire", car "les accords doivent être respectés". "Nous sommes contre les raids, encore plus s'ils sont menés par quelqu'un qui s'était présenté comme un partenaire dans un accord stratégique", a-t-il dit, en affirmant que Vivendi avait eu dès le début "un plan précis", à savoir s'emparer de Mediaset. Alors que Vivendi est le principal actionnaire de Telecom Italia avec près de 25% de son capital, l'autorité italienne de régulation des télécoms, l'Agcom, lui a donné le 18 avril un an pour diminuer sa participation soit dans Mediaset soit dans Telecom Italia, estimant que sa position porte atteinte à la loi sur le pluralisme des médias.

Tout en contestant cette décision en justice, Vivendi s'est engagé à geler ses droits de vote dans Mediaset au-delà de 9,99%. Du côté du groupe italien, le fonds Amber, qui en détient 2,5%, a estimé qu'il devait "absolument changer, en réduisant les coûts et en suivant une nouvelle stratégie". Il a critiqué le management actuel, jugé non adéquat, avec un conseil d'administration trop coûteux, et affirmé que le groupe était resté figé avec la mentalité des "années 1980-1990". Lui répondant, Fedele Confalonieri a indiqué le groupe poursuivrait son développement, sans exclure de nouvelles acquisitions, partenariats stratégiques ou cessions d'activités non centrales.

(avec AFP)

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