Fibre pour les entreprises : Kosc s’attaque aux grandes villes

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Yann de Prince, le président de Kosc Telecom.
Yann de Prince, le président de Kosc Telecom. (Crédits : DR)
Spécialiste des télécoms d’entreprise, l’opérateur de gros vient de lever 20 millions d’euros auprès de la Banque des territoires de la Caisse des dépôts (CDC). Cet argent, investi en fonds propres dans une nouvelle filiale, Kosc Infrastructures, doit lui permettre de financer ses développements, dont de nouvelles offres de fibre dans les zones les plus denses de l’Hexagone.

Kosc Telecom poursuit son offensive dans les télécoms professionnelles. Après avoir lancé ses offres ADSL au printemps 2017, le groupe a donné, ce jeudi 14 juin, le coup d'envoi de la commercialisation de ses offres de fibre, à très haut débit, dans les grandes villes et les zones les plus denses de l'Hexagone. Pour partir à l'assaut de ce marché, cet opérateur de gros (qui vend à d'autres opérateurs de la connectivité, qu'ils commercialisent ensuite eux-mêmes, via des abonnements au détail, aux TPE, PME et grands groupes) dispose désormais d'un soutien de choix. Il s'agit de la Banque des territoires de la Caisse des dépôts (CDC). Celle-ci a décidé d'investir 20 millions d'euros en fonds propres dans une nouvelle filiale de Kosc Telecom, baptisée Kosc Infrastructures. Sachant que cette structure dispose, au total, d'une force de frappe de 100 millions d'euros.

Avec ce nouvel investisseur, Yann de Prince, le président de Kosc Telecom, estime disposer de moyens suffisants pour inciter un maximum d'opérateurs "B2B" à lui acheter la connectivité dont ils ont besoin, pour proposer leurs offres dans les grandes villes et zones les plus densément peuplées. « Aujourd'hui, nous avons 30 clients opérateurs sur les 150 que nous avons ciblés », affirme-t-il. Le chef de file de Kosc Telecom juge qu'il dispose, aujourd'hui, de sérieux atouts pour les convaincre : « Nous allons être les premiers en France à proposer du FTTH Pro (des offres de fibre pour les entreprises, ndlr) dans les zones densément peuplées », bombarde-t-il. En réalité, sur le marché des offres de fibre pour les professionnels, ces territoires étaient jusqu'à présent la chasse gardée de deux opérateurs : SFR et surtout Orange. Mais l'été dernier, Kosc a pu signer un accord avec l'opérateur historique pour avoir accès à son réseau de fibre dans les grandes agglomérations et les zones moyennement denses.

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Orange, qui possède environ 70% du très juteux marché des télécoms pour les entreprises (qui avoisine les 10 milliards d'euros), s'est fait forcer la main par l'Arcep, le régulateur du secteur. Il faut dire que son président, Sébastien Soriano, a fait de l'ouverture de ce marché une de ses grandes priorités. À ses yeux, il est essentiel de mettre fin au duopole formé par Orange et SFR, lequel, selon lui, restreint l'offre et maintient les prix à des niveaux trop élevés. Il a, concrètement, menacé pendant des mois de réguler Orange sur la fibre, ce que ce dernier ne voulait absolument pas. L'accord avec Kosc a, in fine, constitué pour l'opérateur historique le prix à payer pour éviter cela.

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Pour faire son nid sur le marché, Yann de Prince, qui affirme disposer aujourd'hui « d'un carnet de commandes de 100.000 lignes, dont la moitié sont déjà activées », mise sur une stratégie tarifaire agressive. Selon lui, ses offres de fibre sont disponibles à partir de 35 euros la ligne pour les opérateurs des télécoms professionnelles. « Ce qui donne, au détail, des offres souvent comprises entre 50 et 100 euros en fonction des services proposés », poursuit Yann de Prince. De quoi, espère-t-il, convertir un maximum de TPE et PME à l'Internet à très haut débit.

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