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La mobilisation n'a pas été au rendez-vous. Lancé à l'initiative de la CGT, l'appel à la grève chez SFR a été très peu suivi au "Campus", le siège du groupe basé à Saint-Denis. Moins d'une centaine de personnes étaient présentes devant les portes de la bâtisse lors d'un rassemblement prévu ce mardi midi. Derrière les grilles de l'entrée, nombre de salariés se contentaient d'observer de loin, fumant des cigarettes ou buvant un café, les quelques drapeaux et la banderole de la CGT déployés pour l'occasion. A la presse, Fabien Bornerand, délégué central du syndicat, s'est contenté d'affirmer que faire grève n'était pas "dans la culture de l'entreprise". Quand bien même celle-ci souhaite se séparer de 5.000 salariés, soit un tiers des effectifs.
Au sein de ce petit rassemblement, Martin (1), ingénieur, près de 20 ans de maison au compteur, se montre discret. Craint-il pour son emploi?
Aux yeux de cet ingénieur, dans le contexte actuel, l'avenir de l'opérateur, aujourd'hui en difficulté, est menacé: "Ce que je devine, c'est que quand on dégraisse comme ça, c'est pas pour continuer. Je pense très sincèrement que c'est pour revendre dans la foulée." Pourquoi?
Mais pour l'heure, les cadres de la CGT présents sur place, eux, veulent d'abord dénoncer, une fois encore, le plan de départs volontaires de la direction. L'organisation redoute notamment qu'il ne casse l'outil industriel. Une position qui n'est toutefois guère facile à tenir, puisqu'un accord de principe sur le plan de départs volontaires a été signé cet été entre la direction et les deux premiers syndicats, la CFDT et l'Unsa, majoritaires au sein du groupe. En s'opposant à cet accord, la CGT, mais aussi la CFE-CGC, n'en demeurent pas moins minoritaires. Même si, globalement, tous les représentants syndicaux souhaitent réduire le nombre de départs.
Secrétaire CGT de la section du Campus de SFR, Mathieu Claudé dénonce la "précipitation" qui a, selon lui, donné lieu à cet accord:
Quoi qu'il en soit, certaines dissensions entre les syndicats ne favorisent pas le mouvement. Initialement, la CFE-CGC devait aussi se mobiliser ce mardi. Mais l'organisation a fait machine arrière. Sana Iffach, sa déléguée chez SFR, s'explique :
D'après elle, la CFE-CGC attend donc d'en savoir davantage sur le plan de départs et sur la stratégie du groupe - qui seront dévoilés le 22 septembre -, pour voir quelle suite donner au mouvement. En attendant, pour maintenir tout de même la pression, la CFE-CGC a décidé de déposer une plainte au pénal contre SFR pour escroquerie, poursuit Sana Iffach.
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De son côté, Michel Combes, le PDG de SFR, a déclaré juste avant le rassemblement de la CGT, dans la matinale de France Inter, qu'"il n'y aura pas de licenciements secs" d'ici 2019. Avant d'assurer, en s'appuyant sur l'accord signé avec la CFDT et l'Unsa cet été, que "le dialogue social est au coeur de la stratégie d'entreprise". Pas de quoi, pour autant, rassurer grand monde.
1. Le prénom a été changé.
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