« Il n'y aura pas de souveraineté numérique européenne sans maîtrise du logiciel » Bruno Sportisse, Inria
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Bruno Sportisse, le directeur de l'Inria.
Reuters
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... recherche, contre une quarantaine actuellement. Une vraie « rupture de positionnement », qui crée des tensions en interne, mais que Bruno Sportisse justifie par la nécessité de renforcer la « jambe industrielle » de l'Inria, renouant ainsi avec son ADN historique. L'enjeu : maîtriser les infrastructures technologiques, créer les standards numériques de demain, notamment dans le logiciel, pour sortir de la dépendance aux Gafam américains.
LA TRIBUNE - Concrètement, que fait l'Inria et quelle place occupe-t-il dans l'écosystème de la recherche et de l'innovation en France ?
BRUNO SPORTISSE - L'Inria est le bras armé de la souveraineté numérique de la France via la recherche et l'innovation. L'Inria, c'est 3.500 chercheurs et ingénieurs, dont 3.000 payées par l'Inria et 500 par nos différents partenaires publics et privés. 1.000 scientifiques entrent et sortent chaque année, donc c'est un institut dynamique. Pour comprendre qui on est, il faut un peu remonter l'histoire. L'Inria a été créé en 1967, lors du lancement du Plan Calcul qui voulait doter la France d'une souveraineté dans l'informatique. L'institut était alors sous la tutelle du ministère de la Recherche et de l'Industrie. Tout est dit : les deux jambes de l'Inria sont la recherche de très haut niveau et l'impact industriel.
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Dans le détail, l'Inria gère 250 projets d'une durée moyenne de quatre ans. Quinze à vingt scientifiques sont alloués à chaque projet. Je considère que l'Inria est un institut-plateforme, dans le sens où nous fonctionnons en écosystème via des partenariats noués avec une multitude d'acteurs : des universités, d'autres centres de recherche et des entreprises privées. Leur objectif est de faire progresser la recherche dans chacune des verticales du numérique comme la cybersécurité, le cloud, l'intelligence artificielle, le calcul quantique... À chaque fois que nous lançons un projet dans une thématique, par exemple dans la santé connectée, c'est en partenariat avec d'autres experts, à l'image de l'Institut national pour la santé et la recherche médicale (Inserm) et des CHU.
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