Une filiale de Bull aidait Kadhafi à traquer les dissidents sur Internet
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Selon le Wall Street Journal, Amesys, une fililale de la société d'informatique Bull, a équipé le centre de surveillance de Kadhafi en 2009 avec son système "Eagle". Les reporters du Wall Street Journal ont pu visiter le centre dont la porte affiche le logo de la société et qui révèle que plusieurs sociétés étrangères ont aidé le dictateur à traquer les emails ou les conversations téléphoniques des opposants.
Une filiale de Boeing, Narus, est également impliquée, ainsi que la société chinoise ZTE. Ni ces sociétés, ni Bull n'ont souhaité répondre aux questions du journal américain. Rappelons que la Libye compte 100.000 internautes sur une population de 6 millions d'habitants. Le système conçu par Amesys permet de détecter des emails dans Gmail, Yahoo et Hotmail, suivre des conversations en ligne sur MSN et AIM. Selon le Wall Street Journal, Kadhafi a également fait appel à la société sud-africaine VASTech pour espionner les conversations sur mobile grâce à son système Zebra.
Cette information sur Bull arrive au moment où la société informatique française a accueilli le 4 août dernier le Fonds stratégique d'investissement (FSI) comme actionnaire de référence, en détenant plus de 5% du capital. Bull emploie 8.600 personnes, dont plus de 4.500 en France. Le 16 juin, la société avait annoncé le recrutement de 1.000 personnes, dont 400 en France. Objectif ? "Asseoir sa croissance" car, après des années difficiles, la société a retrouvé le chemin de la croissance. Bull a ainsi clos l'exercice 2010 sur un chiffre d'affaires en hausse de 2,7% (à périmètre constant), à 1,2 milliard d'euros, et son bénéfice net a plus que quadruplé, à 6,5 millions.
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Le groupe informatique est présent sur le marché des supercalculateurs, de la sécurité et du "cloud computing" (informatique à distance). Ancien fleuron de l'industrie française, Bull était tombé de Charybde en Scylla durant dix ans, avec trois renflouements entre 1994 et 2004.
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