« Cloud » à la française : l'Etat investit 75 millions dans le projet Orange- Thalès

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Le "cloud computing", ou informatique dématérialisée, un marché en très forte croissance. Copyright Jean Claude MOSCHETTI/REA.
Dans le cadre du Grand emprunt, la Caisse des dépôts apportera ce financement à la société d'Orange et Thalès qui offrira une solution de stockage sécurisée pour les données sensibles. La porte reste ouverte à un financement d'un deuxième projet piloté par SFR.

Andromède, l'Arlésienne du « cloud computing » à la française, prend enfin forme. Après moult rebondissement, la Caisse des dépôts vient d'annoncer qu'elle va investir, dans le cadre du Grand emprunt, 75 millions d'euros dans le projet d'Orange et Thalès de « centrale numérique de confiance », en clair une société française qui proposera une solution informatique sécurisée de traitement et de stockage de données pour les entreprises et les administrations, des « data centers » situés en France pour les données sensibles notamment. C'est un investissement en fonds propres sur un total de 225 millions d'euros, réalisé au travers du Fonds national pour la société numérique (FSN), qui permettra de « créer un nouvel acteur majeur de l'économie numérique », une société française « à vocation européenne » se félicite le commissaire à l'investissement René Ricol et le ministre de l'Industrie Eric Besson, dans leur communiqué commun.

Selon Orange, le projet créera près de 1.000 emplois
« Le projet est prêt à démarrer et devrait créer 1.000 emplois en France » s'est réjoui Pierre Louette, le secrétaire général de France Télécom Orange, sur son compte Twitter, en soulignant qu'il s'agit d'un « un marché mondial en très forte croissance, aujourd'hui dominé par les grands acteurs US », les Google, Amazon, Microsoft, etc. « Les entreprise françaises et les administrations européennes vont bénéficier d'un « cloud » compétitif avec des garanties de sécurité, de confidentialité et de traçabilité » poursuit-il. La société sera détenue à 33,3% par la Caisse et à 66,6% par les  deux partenaires (44,4% pour Orange et 22,2% pour Thalès) au début tout en étant «ouverte à l'entrée de nouveaux partenaires» selon le communiqué commun des deux entreprises: l'opérateur a donc investi 100 millions d'euros et le groupe de défense 50 millions. Elle « commercialisera une gamme d'offre dites d'infrastructure à la demande », à l'abonnement, elle « fournira à la demande des capacités de traitement, de stockage, de bande passante » et développera « une suite logicielle à base de logiciels libres » qui « bénéficiera d'un haut niveau de sécurité » souligne le communiqué de Bercy. Dans le projet initial à trois, avec Dassault, le business plan d'Andromède prévoyait un chiffre d'affaires cumulé de 597 millions d'euros en 2015. «Andromède apporte à Orange une infrastructure industrielle et à grande échelle qui contribuera à nos offres cloud» a déclaré Vivek Bradinath, le patron de la branche Entreprises de l'opérateur. «Le cloud computing français est de plus en plus au coeur des systèmes d'information critiques de nos clients civils et militaires» a relevé de son côté Pascale Sourisse, de Thalès.

Un deuxième « cloud » piloté par SFR toujours dans les cartes
La Caisse précise qu'il s'agit de son « premier investissement » dans le domaine : l'enveloppe initiale de l'appel à manifestation d'intérêts publié en mars 2011 était de 135 millions d'euros et pouvait être ajustée (à la hausse). La porte reste donc ouverte à SFR, qui est aussi candidat et demande un financement public équivalent, de 75 millions d'euros, pour son projet, dont Dassault Systèmes s'est retiré avec fracas début avril, après avoir claqué la porte du projet Orange-Thalès en fin d'année : l'opérateur « travaille avec un consortium de partenaires » et se considère « bien placé » a indiqué jeudi Jean-Bernard Lévy, le PDG de SFR et président du directoire de Vivendi, espérant avoir des nouvelles « dans les jours ou semaines qui viennent. » Bernard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes, estimait que les conditions de réussite du projet imposaient « la concentration stratégique » et donc que l'Etat n'en finance qu'un seul. Le Commissariat général à l'investissement était prêt à financer deux projets. Il y aura donc sans doute bien deux « clouds à la française. »
 

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Commentaires
a écrit le 06/10/2012 à 2:37 :
Pardon, j'ai dû me tromper de porte... Un "libriste convaincu" qui fait la promo de VMWare, c'est bien la preuve que les intégristes de nux avaient raison. ;)
C'est con, la mixité est pourtant tellement bien quand on la réfléchit.
a écrit le 21/04/2012 à 0:58 :
OpenStack -> gratuit
NoSQL (Cassandra, MongoDB, HBase, etc.) -> gratuit
Virtualisation (VMWare ESXI, Xen, etc.) -> gratuit

Pourquoi l'état paye des boites privées pour faire le travail ? (Comment ça un lobby ?)
D'autant plus que certains organes de l'Etat possèdent déjà les compétences en interne. Ah oui, pour s'en rendre compte il faut être du métier, il ne faut pas dormir à l'hémicycle.
Je dis ça, je dis rien...
Réponse de le 22/04/2012 à 2:20 :
esxi gratuit oui, mais tu fais quoi avec la version gratuite d'esxi? En faite rien car tu n'a pas acces au vds, ni a vcenter, ni aux fonctionnalites comme le vmotion les profils le vmotions storage drs...

J'ai beau etre un libriste convaincu il faut reconnaitre que aujourd'hui au niveau virtualisation le premier reste vmware et que vmware ca coute tres cher.

Ensuite pour la surcouche cloud il est possible de se retourner vers du cloudstack et pour le stockage vers du nexenta par exemple.
Réponse de le 22/04/2012 à 14:23 :
Esxi s'intègre parfaitement au sein d'un cloud OpenStack. Mais l'idée de mon post était de dénoncer le fait que l'on confie cette tâche à des sociétés privées plutôt que de la réaliser en interne. Cela coûterait moins cher, surtout si on s'appuie sur de l'open source (d'où mes citations : OpenStack, Cassandra, etc.). C'est l'argent du contribuable qui est gaspillé. C'est un scandale.
a écrit le 20/04/2012 à 17:37 :
C'est l'approche qui me parait bizarre. Le "Cloud", c'est d'abord une problématique d'hébergement. Il aurait donc été logique de se tourner en premier lieu vers les hébergeurs français, notamment, le 1er hébergeur français (qui est aussi le 1er hébergeur européen), à savoir OVH. Curieusement, il est écarté du dossier ... De plus, l'état n'avait pas à payer le moindre denier pour financer cela. Il aurait suffit de faire comme pour les licences de téléphonie 3G, vendre une licence pour le Cloud public. Au lieu de payer, l'état aurait reçu de l'argent ...
a écrit le 20/04/2012 à 16:17 :
Juste à temps pour arroser de futurs lieux de pantouflage, avant une débâcle électorale. L'innovation, la compétitivité et la confiance sont des questions importantes mais elles n'ont rien à voir avec cette distribution d'argent public...
a écrit le 20/04/2012 à 15:43 :
Le pire est que le "cloud" n'est, comme son nom l'indique, qu'un nuage. Soit, une invention commerciale s'appuyant juste sur le fait que les entreprises ont "besoin" d'un service de sauvegarde en externe. Hors, depuis les débuts de l'informatique, les DSI ont évolué au même rythme que leur domaine d'expertise et savent que le "meilleur cloud" est ... eux-mêmes. Tout cela est juste un dumping dont il sera un jour connu que Dassault voulait plus.
a écrit le 20/04/2012 à 15:10 :
Très beau cadeau de dernière minute. En espérant que le retour d?ascenseur sera présent...
a écrit le 20/04/2012 à 14:29 :
Quel gaspillage.... quand est-ce que les politiques comprendront qu'arroser d'argent les mamouths technologiques français ne créé aucune valeur: c'est de l'argent du contribuable jeté par les fenêtres (ou plutôt dans les poches d'Orange et de Thalès) !
a écrit le 20/04/2012 à 14:28 :
le cloud server a la francaise cela donne www.cloudserveur.com
Réponse de le 20/04/2012 à 17:33 :
Ben non ... Si c'est un Cloud à la française, ça devrait finir par .fr et pas par .com :)
a écrit le 20/04/2012 à 14:26 :
Toujours les mêmes qui en profitent.
Je suis moi même opérateur, j'ai une plateforme de cloud computing opérationnelle en ce moment même juste en bas de mes escaliers, dans mon garage.
Ce n'est qu'une mascarade visant à instaurer des barrières financières à l'entrée sur le marché...Ce genre de comportement tu dans l'?uf toute innovation dans le secteur IT et empêche l'émergence d'un facebook ou google français...
Réponse de le 20/04/2012 à 15:08 :
Et l'IRC, vous connaissez...?? Sinon, vous auriez dû vous intéresser à netmeeting en son temps, et à Linux actuellement. Bonne formation informationnelle à vous.
a écrit le 20/04/2012 à 14:20 :
La vraie source de bénéfice pour les entreprises françaises et la seule qu'elles convoitent est la manne des subventions publiques, chacun y va de son couplet, sur l'emploi pour certains, sur la menace de suprématie pour les autres, pour justifier leurs demandes . Les Google, Apple et autres acteurs enviés et jalousés se sont-ils battis à coup de subventions étatiques ? Les temps changent mais les entreprises françaises restent figés sur le paradigme d'un état vache à lait, au détriment de l'audace et du talent. Dans ces conditions, comment voir dans le grand emprunt autre chose qu?une énième subvention, grimée à la va vite et aussitôt accaparée par la rapacité de quelques-uns. Prenons les paris que le « Cloud » à la française ne verra jamais le jour, mais que les dizaines de millions, elles, auront bien disparu.
Réponse de le 20/04/2012 à 21:21 :
Tout est dit dans ce commentaire. Le plus gros poison en France c'est cet état Super Nanny. Pourquoi faire un truc qui rapporte de l'argent car de toute façon l'état va me sponsoriser ??? C'est l'assistanat à la française, le temps passé à courir les subventions ne l'est pas à innover. (gauche, droite même combat, seul les subventions changent mais le concept reste)
a écrit le 20/04/2012 à 14:00 :
ah, ah, ah !!!!
a écrit le 20/04/2012 à 13:06 :
En France nous sommes encore très en retard face aux technologies du numérique.
Réponse de le 20/04/2012 à 15:09 :
Non. Nous sommes cartésiens. Soit, faire de l'informatique pour créer une bulle, ça nous gène.
Réponse de le 20/04/2012 à 16:39 :
Donc yvan, vous considérez que Google, Apple, Microsoft, Amazon... sont des bulles?

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