Cyberattaque: les 8 mois de calvaire du bailleur social 1001 Vies Habitat
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
1001 Vies Habitat
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
1001 Vies Habitat
Dans un tunnel de galères depuis huit mois. Victime d'une cyberattaque dévastatrice dans la nuit du 12 ou 13 février 2021, le bailleur social 1001 Vies Habitat (MVH) a toujours un genou à terre. Si l'entreprise a reconstruit les systèmes informatiques touchés en quelques mois, elle paie encore au quotidien les conséquences opérationnelles de l'attaque.
Spécialiste du logement social en zones tendues, MVH gère plus de 90.000 biens où habitent plus de 230.000 personnes, principalement en Île-de-France ainsi que dans trois autres régions. Dans un témoignage rare, Michel Ogliaro, directeur de la Performance économique et financière de 1001 Vies Habitat, a accepté de raconter à La Tribune le déroulé et surtout les conséquences de l'attaque. En charge à la fois de la direction financière et des systèmes d'information du groupe, l'homme s'est retrouvé au cœur de la gestion de crise.
En faisant preuve de transparence et en partageant publiquement son histoire, alors que la plupart des victimes de cyberattaques préfèrent se taire par crainte du risque réputationnel, Michel Ogliaro espère « sensibiliser les acteurs du secteur sur un risque qui concerne tout le monde », mais aussi rassurer ses partenaires, qui attendent toujours le paiement de prestations retardées par l'attaque, et « réaffirmer auprès des salariés son engagement fort pour revenir à un fonctionnement normal ».
À lire également
Si l'entreprise préfère parler simplement d'une "cyberattaque" car elle a refusé tout contact avec les assaillants, 1001 Vies Habitat a bien été victime d'un rançongiciel, un de ces logiciels malveillants capables de paralyser tout un système d'information, dans le but de soutirer des milliers d'euros. Une preuve de plus que les cybercriminels sont avant tout de froids opportunistes : c'est précisément parce que des organismes comme les hôpitaux et les bailleurs sociaux remplissent des missions d'intérêt public dont l'arrêt aurait un impact social fort, qu'il est intéressant de les attaquer.