Une start-up chinoise est-elle en train de rebattre les cartes de l'industrie de l'IA ? DeepSeek affole en tout cas la Silicon Valley et Wall Street. Son dernier modèle d’IA, R1, s’impose comme un sérieux concurrent de ChatGPT, avec des performances avancées en raisonnement et un coût de développement et d'utilisation moindre, quoique déjà partiellement remis en question.La baleine bleue, emblème de l'IA chinoise DeepSeek, cause déjà de grosses vagues. Ce week-end, cet équivalent de ChatGPT s'est hissé à la troisième place des applications gratuites les plus téléchargées de l'App Store en France, et à la première aux États-Unis, devant son rival américain. Selon les estimations de Sensor Tower, plus de 80 % des téléchargements mobiles de l'application DeepSeek AI ont eu lieu au cours des sept derniers jours, illustrant l'engouement fulgurant des utilisateurs en un temps record.
Et ce, une semaine seulement après le lancement de son dernier modèle, R1. La presse américaine évoque un mélange d'émerveillement et d'inquiétude chez les dirigeants de la Silicon Valley. Et ce nouveau venu ébranle déjà les cours de Bourse. Les valeurs tech ont basculé dans le rouge. Nvidia a reculé de 10% dans les échanges hors séance à Wall Street ce lundi. À Tokyo, SoftBank chutait de 8%, et en Europe, ASML et ASM International plongeaient de plus de 10%.
Concrètement, le chatbot peut, comme tant d'autres, répondre à une grande variété de questions - d'une recette de cuisine à une explication pointue sur la physique quantique. Mais son dernier modèle est aussi doté de capacités dites de « raisonnement ». Il est capable de résoudre des problèmes mathématiques et des énigmes en décomposant l'instruction en plusieurs étapes, une performance encore rare, jusqu'ici dominée par o1, le modèle d'OpenAI lancé en septembre.
Meta passe en mode « war rooms »
Les performances du modèle sont unanimement saluées par l'industrie. DeepSeek s'est hissé dans le top 5 du Chatbot Arena, ce benchmark mis au point par des universitaires qui fait aujourd'hui office d'arbitre très consulté de la course à l'IA. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les figures de la tech n'en finissent pas de complimenter et d'analyser la montée en puissance de la start-up chinoise. Mark Zuckerberg dit la suivre avec le plus grand intérêt dans son interview avec Joe Rogan. Sur X, l'investisseur Marc Andreessen qualifie R1 d'« innovation la plus incroyable et impressionnante » qu'il ait jamais vue. De son côté, Alexandr Wang, PDG de ScaleAI, estime que DeepSeek est « un signal d'alerte pour l'Amérique » dans une interview pour CNBC. Yann LeCun y voit quant à lui une « victoire de l'open source », puisque le modèle chinois peut être téléchargé librement et a lui-même bénéficié de précédents modèles eux aussi ouverts, comme Llama de Meta.