Exaion : Bercy s'immisce dans la vente de la pépite d'EDF à un géant américain
latribune.fr

La vente d’Exaion doit rapporter 168 millions d’euros à l’électricien.
JOHANNA GERON
latribune.fr

La vente d’Exaion doit rapporter 168 millions d’euros à l’électricien.
JOHANNA GERON
Bercy met le holà à EDF. L'électricien qui a annoncé, la semaine dernière, la vente de l'entreprise Exaion qu'elle détient au géant américain Mara, va devoir finalement patienter.
Selon l'AFP, le ministère français de l'Économie a demandé à EDF de « rouvrir » le dossier de la vente de sa pépite technologique spécialisée dans les supercalculateurs. « C'est comme si on suspendait la procédure avec Mara le temps de se réinterroger », a précisé le ministère, ajoutant que le dossier restait entre les mains d'EDF, détenu par l'État à 100 %, et de l'Agence des participations de l'État (APE).
Une annonce qui a de quoi surprendre puisque EDF a officialisé le 11 août la signature d'un accord prévoyant l'acquisition par l'entreprise américaine, spécialisée dans les technologies liées aux actifs numériques, de 64 % d'Exaion. Un contrat qui doit rapporter 168 millions d'euros à l'électricien. Cette cession s'inscrit d'ailleurs dans un contexte particulier pour EDF. Le groupe cherche à être plus sélectif dans ses investissements à l'heure où le groupe a besoin de dégager des moyens financiers pour soutenir le nouveau programme nucléaire.
Bercy intervient après que plusieurs personnalités publiques ont déploré cette vente. Ce fut notamment le cas d'un ancien ministre de l'Économie. « Allons-nous brader les pépites tech souveraines qui grandissent en France ? », a apostrophé Antoine Armand dimanche sur le réseau X Antoine Armand.
Du côté de l'État, les doutes se font aussi sentir. « Exaion opère des activités qui ne sont pas stratégiques ou souveraines comme EDF ou une entreprise de la défense, mais porte des technologies qui peuvent être extrêmement importantes à l'avenir et pour lesquelles on pourrait avoir un intérêt à garder une part de souveraineté ou une souveraineté complète », a confié le ministère à l'AFP.
Surtout, « l'accord d'investissement dans la filiale Exaion entre Mara et EDF Pulse Ventures est soumis à plusieurs conditions suspensives, dont le contrôle des investissements étrangers en France (IEF) », a sobrement réagi vendredi EDF. Pour rappel, l'IEF s'applique si l'investisseur est étranger, que l'opération concerne une prise de contrôle ou de participation significative, et que l'activité visée relève d'un secteur sensible.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Que va-t-il se passer maintenant? Bercy explique qu'il y a désormais trois scénarios : soit EDF décide de ne pas céder Exaion, soit il cherche un autre investisseur notamment européen, soit la vente à Mara se poursuit. Dans ce dernier cas, une procédure de contrôle des investissements étrangers (IEF) serait déclenchée par le Trésor dont un potentiel blocage devrait être motivé.
À lire également
Une chose est sûre, l'appétit des Américains pour les pépites françaises ne fait qu'augmenter. Selon la dernière étude annuelle de l'Adan, l'association qui représente les entreprises crypto, en 2024 les États-Unis représentaient 55 % de financeurs de levées supérieures à 100 millions d'euros des entreprises européennes.
latribune.fr
LDLC améliore ses résultats, dans l'attente de « la révolution de l'IA »
IA : OpenAI envisagerait de baisser « drastiquement » ses prix face à la concurrence d'Anthropic
En Chine, l’IA détruit déjà des emplois (mais Pékin traque les licenciements massifs)
1 765 milliards de dollars : SpaceX s'apprête à signer l'entrée en Bourse de tous les records