L'arnaque à la vignette Crit'air revient en force par le biais de SMS très convaincants
François Manens
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Le ministère de la Transition écologique, en charge du dispositif, fait de la prévention sur le sujet, en rappelant qu'il n'envoie jamais de SMS pour acheter des vignettes, sans trouver un écho important.
Une campagne de SMS frauduleux appelle à l'achat de vignette Crit'Air. Problème : le message de phishing renvoie vers un site contrôlé par des escrocs, avec pour objectif de voler les données personnelles et les informations de carte bancaire des victimes. Explications.
Le flot de SMS d'escroquerie continue de se déverser. Après une année 2022 marquée par des campagnes usurpant l'identité du CPF, d'Ameli, de La Poste ou encore de Netflix, c'est au tour des faux appels à l'achat de vignettes Crit'Air de revenir sur le devant de la scène.
« Nos agents ont constaté que votre véhicule n'était pas équipé de la vignette Crit'Air 2022. Veuillez la récupérer sous peine de contravention dans les prochaines 48h sur le lien ci-joint », ordonne un SMS largement partagé sur les réseaux sociaux, racolant vers un site frauduleux convaincant, toujours actif au 10 octobre. Une fois que la victime a cliqué sur le lien, les escrocs vont droit au but, avec trois formulaires successifs pour lui demander la plaque d'immatriculation de son véhicule, ses données personnelles (nom, prénom, adresse, téléphone, date de naissance) puis ses informations de carte bancaire.
Crit'Air, cible facile
Les arnaques à la vignette Crit'Air (certificat qualité de l'air) sont apparues presque en même temps que le dispositif, en 2017. Et pour cause : c'est une cible de choix. Nécessaires pour circuler dans les secteurs désignés comme Zone à Faibles Emissions (ZFE), les vignettes affichent une note de 1 à 5 (du moins au plus polluant) selon le modèle du véhicule concerné. Le plus souvent, les chiffres les plus élevés (5, parfois 4) sont interdits à la circulation.
Puisque plus de 86% des Français possèderaient une voiture, ce sont donc des dizaines de millions de personnes qui sont potentiellement concernées par un éventuel achat de vignette, même si toutes ne circulent pas dans des ZFE. Pour les escrocs, c'est une aubaine : même s'ils envoient leur arnaque à des listes de numéros français aléatoires (comme il est très facile d'en trouver en ligne gratuitement ou contre quelques euros), ils ont de grandes chances que la cible se sentent au moins concernée par le message.
Malheureusement, peu de personnes savent que la vignette est achetable uniquement sur le site gouvernemental officiel, et qu'elle coûte systématiquement 3,70 euros à l'envoi. Le ministère de la Transition écologique, en charge du dispositif, fait de la prévention sur le sujet, en rappelant qu'il n'envoie jamais de SMS pour acheter des vignettes, sans trouver un écho important.
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