Alors que la course à l’intelligence artificielle générative fait rage entre les mastodontes Microsoft, Google, Meta ou encore Nvidia, une startup française espère creuser son trou grâce à son modèle de distribution axé sur la souveraineté des données. Partie suffisamment tôt pour être dans le coup, LightOn cherche désormais d’importants financements pour suivre le rythme effréné du secteur.Et si une entreprise française parvenait à se frayer un chemin dans la course à l'intelligence artificielle ? Bien moins en vue que les géants américains de la tech (Microsoft, Google, Meta...), la startup LightOn a développé depuis 2020 son propre équivalent de GPT, intégré à une plateforme baptisée Paradigm, et propose des cas d'usages similaires. Face à la puissance de feu des Etats-Unis, la jeune pousse tente de se différencier par son modèle de distribution, qui lui a déjà permis de convaincre quelques grands comptes. Mais elle va très vite avoir besoin de liquidités pour rester dans la course impitoyable à l'intelligence artificielle qui se profile.
Une course à l'IA lancée en 2020
Tout commence en mai 2020. La startup américaine OpenAI présente publiquement GPT-3, une nouvelle version de son intelligence artificielle capable d'écrire des textes à partir d'une consigne de quelques mots, qui donnera naissance un an et demi plus tard à ChatGPT. Pour les dirigeants de LightOn, GPT-3 fait plus qu'améliorer les performances de son prédécesseur GPT-2, sorti en 2018. Ils estiment qu'un véritable cap est franchi. « Nous avons été scotchés par sa capacité à réaliser des tâches pour lesquelles il n'était pas entraîné, ce qu'on appelle le "zero shot learning" dans le jargon. Nous avons compris immédiatement que la technologie aurait un impact monstrueux en termes économiques et sociétaux », explique à La Tribune Laurent Daudet, cofondateur et co-dirigeant de LightOn.
Mais à l'époque, la startup ne développait pas de modèle de langage. Créée en 2016, elle s'attelait à construire un processeur photonique, une nouvelle technologie de puces, avec la promesse d'accélérer les apprentissages des intelligences artificielles. La jeune pousse fondée par quatre chercheurs avait poussé son projet jusqu'à la pré-production, mais peinait à convaincre le marché. « Notre technologie intéressait les chercheurs et les divisions de R&D, mais nous n'arrivions pas à passer le cap d'après », constate le dirigeant. Après avoir consulté son investisseur principal, le fonds Quantonation (spécialisé dans le calcul de haute performance et l'informatique quantique), la startup valide son pivot et commence à travailler sur son modèle de langage.