Dans un avis, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à planifier rigoureusement le déploiement de l'intelligence artificielle en tenant compte des limites planétaires. Des propositions qui vont à contre-courant du coup d'accélérateur prôné par François Bayrou dans son discours de politique générale.Électrifier un réseau de bus ou alimenter des IA génératives en énergie ? Face à l'empreinte environnementale croissante de cette technologie, ce type de dilemme se pose déjà. Pour y répondre, le Conseil économique social et environnemental (CESE) propose « une planification du développement de l'intelligence artificielle en respectant les limites planétaires ». « Le système numérique français ne peut plus être un impensé de l'aménagement du territoire, ni être analysé uniquement sous l'angle de la performance économique à court terme. Une planification spatiale et énergétique s'avère nécessaire aussi bien à l'échelle de notre pays qu'au niveau européen », insistent les auteurs du rapport.
Cette préconisation fait partie des 32 recommandations formulées par l'agence gouvernementale composée de représentants de la société civile, dans un avis publié le mardi 14 janvier, en amont du Sommet pour l'IA, qui se tiendra les 10 et 11 février à Paris. Le rapport s'inscrit dans un contexte de démocratisation fulgurante des usages de l'intelligence artificielle - 70% des 18-24 ans y ont déjà recours, rappellent les auteurs - et dans l'urgence d'encadrer une technologie souvent déployée sans suffisamment de recul.
La multiplication des conflits d'usage inquiète
Une large partie de l'avis est consacrée à l'impact environnemental de l'IA. De fait, son fonctionnement consomme des quantités importantes d'électricité, d'eau et de foncier. Ces derniers mois, plusieurs signaux ont montré les tensions entre un déploiement accéléré de l'IA et les objectifs de décarbonation.