Google, numéro trois du cloud, accuse son concurrent Microsoft de profiter de la position dominante de son logiciel Windows Server, très utilisé par les entreprises, pour forcer ses clients à choisir Microsoft Azure quand ils basculent dans le cloud.
[Article publié à 14h10 et mis à jour à 14h52]
Google relance la guerre contre Microsoft. Mardi soir, Google Cloud a déposé une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne. Il accuse son concurrent de profiter de la position dominante de son logiciel Windows Server, un système d'exploitation utilisé par les entreprises pour l'interface de leurs serveurs, afin d'alimenter sa croissance dans le cloud. C'est la première fois de son histoire que le géant américain fait appel au régulateur européen.
Ce dépôt de plainte intervient alors que Google Cloud, numéro trois du marché mondial du cloud - avec 11% de part de marché, selon Synergy Research Group - voit le numéro deux Microsoft Azure s'envoler - avec 25% de parts de marché - à la faveur de la plus grosse croissance du secteur. Ce dernier parvient même à grignoter son retard sur le leader Amazon Web Services et ses 31% de parts de marché.
D'après Google, qui publie ce mercredi une version courte de son argumentaire, cette transformation du marché serait entièrement liée à la concurrence déloyale qu'il dénonce, Microsoft forçant par divers moyens les clients de Windows Server à passer dans l'environnement Azure lors de leur passage dans le cloud.
Des milliards de dollars en jeu
Google désigne Microsoft Server comme « un monopole logiciel », avançant dans une conférence de presse qu'il contrôlerait 70% du marché. Mais ce chiffre reste à discuter, différentes études l'estimant plutôt autour des 40%, le reste allant à différentes versions du logiciel libre Linux. Quoiqu'il en soit, Microsoft Server est un poids lourd dans une verticale ou ses concurrents du cloud sont absents. Pour appuyer sa cause, Google mentionne que le régulateur britannique (la CMA) a déjà décrété que Microsoft a un « degré significatif de pouvoir sur le marché grâce à Windows Server ».
Afin d'insister sur l'enjeu, l'entreprise cite également une étude de McKinsey, selon laquelle 68% des entreprises européennes auraient moins de la moitié de leur charge de calcul dans le cloud. Cela signifie que la moitié de la charge de travail se fait encore on-premise, c'est-à-dire sur des serveurs en local, que les entreprises pourraient faire basculer dans le cloud dans un futur proche. C'est sur cette bascule que Microsoft userait de son avantage concurrentiel.
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