Donald Trump promet de réindustrialiser l'Amérique et de mettre fin à la bureaucratie à grand renfort d'intelligence artificielle et d'automatisation. L'industrie tech l'a soutenu corps et âme, espérant qu'il incarnerait le président de « l'accélération technologique ». Mais paradoxalement, la guerre commerciale qu'il a lancée pourrait perturber le grand boom de l'IA.
Après avoir chamboulé les cours de Bourse mondiaux, le président a accordé un répit de 90 jours sur les nouveaux droits de douane, bien que l'escalade continue avec la Chine, dont les produits sont désormais taxés 145 %. Et cette pause ne lève pas complètement l'incertitude générale sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. L'intelligence artificielle - un domaine dominé par la Chine et les États-Unis, et reposant sur un écosystème complexe - n'échappe pas à ces tensions.
Les semi-conducteurs - notamment les puces spécialement conçues pour l'IA par les Américains Nvidia ou AMD, mais fabriquées en partie en Asie - sont, pour l'instant, épargnés par la hausse des droits de douane. En revanche, les équipements qui les embarquent, comme les serveurs, sont bel et bien concernés. Leur production repose sur une chaîne d'assemblage située en partie hors des États-Unis, qu'il s'agisse des serveurs des Chinois Inspur et Lenovo (qui sont vendus aux États-Unis), ou de ceux fabriqués pour les grandes marques américaines comme Dell et HPE. En amont, les composants nécessaires à la fabrication de ces équipements et des semi-conducteurs — circuits imprimés, cartes mères, composants passifs ou châssis — sont eux aussi visés par des mesures commerciales. Au-delà de la puissance de calcul, d'autres éléments critiques, comme les systèmes de refroidissement, les alimentations électriques ou les infrastructures physiques des data centers, dépendent eux aussi de chaînes d'approvisionnement mondialisées. Notamment les équipements de sécurité, en grande partie fabriqués en Chine.