On connaît surtout DeepL pour son outil de traduction, accessible en partie gratuitement à tous. Lancé en 2017, ce traducteur utilisé par des millions de personnes a volé la vedette de Google Trad, par sa précision. L'entreprise allemande plutôt discrète a dû ensuite faire face à la déferlante de l'IA générative et au lancement de ChatGPT, qui permet entre autres choses de traduire lui aussi un texte. Pas de quoi stopper le développement de l'un des leaders de l'IA en Europe aux côtés du français Mistral. Au cours des 12 derniers mois, DeepL, qui génère un revenu en vendant ses solutions à plus de 100 000 entreprises (dont la Deutsche Bahn, la société de logiciels Zendesk ou le groupe média japonais Nikkei) a doublé ses effectifs et compte actuellement 900 salariés. Elle a ouvert des bureaux aux Etats-Unis et au Japon (en plus de ses historiques bureaux européens). L'entreprise vient par ailleurs de lever 300 millions d'euros portant sa valorisation à 2 milliards de dollars. L'américain Index Ventures, ainsi que les sociétés d'investissement ICONIQ Growth (États-Unis) et Teachers' Venture Growth (Canada) ont participé à ce tour de table.
Elle a également lancé depuis peu DeepL Write, son assistant rédacteur, qui intègre son propre grand modèle de langage. Sa réponse en quelque sorte à l'engouement pour les IA génératives. L'entreprise se distingue avec une approche très orientée sur les produits, à l'inverse de ses concurrents américains qui préfèrent miser sur des IA bonnes à tout faire. Plus impressionnantes, certes, mais moins fiables. Ce positionnement permet à DeepL de se distinguer alors que de premiers doutes apparaissent sur l'efficacité de ChatGPT et consorts en entreprise. Interview avec Jaroslaw Kutylowski, fondateur et directeur général de la société.