Siri mis en cause : peut-on vraiment parler d'enregistrements non consentis par Apple ?
Bogdan Bodnar
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Deux cabinets d'avocats relancent une question qui agite le débat public depuis près de quinze ans : Siri vous écoute-t-il à votre insu ? Dans un article du Parisien, les cabinets Phaos et celui de Julien Bayou — ancien secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts — annoncent avoir engagé, le 13 mai dernier, une action collective contre Apple. Ils reprochent à la firme d'avoir porté atteinte à la vie privée de ses clients en enregistrant des échanges vocaux sans leur consentement. Selon les deux cabinets, l'assistant vocal serait techniquement capable d'écouter et conserver des discussions sans activation volontaire ni autorisation préalable de l'utilisateur.
Pour soutenir cette démarche, les juristes ont mis en ligne une plateforme nommée ecoutesabusives.fr, invitant tous les utilisateurs français d'iPhone, iPad, Mac, Apple Watch ou Air Pods commercialisés au cours des dix dernières années à rejoindre la procédure, s'ils estiment avoir été enregistrés à leur insu. Contactée par La Tribune, l'avocate Eva Naudon, du cabinet Phaos, précise que l'objectif actuel est d'obtenir, au minimum, le remboursement du prix d'achat de chaque appareil concerné.
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Selon les deux cabinets, Apple ne respecterait pas les exigences du RGPD (règlement général de protection des données) en matière de consentement pour la collecte de données personnelles. Quelles preuves avancent-ils ? Eva Naudon évoque un précédent aux États-Unis : en janvier 2025, Apple a versé 95 millions de dollars dans le cadre d'un accord amiable avec un collectif d'utilisateurs l'accusant d'enregistrements similaires. « En France aussi, nous avons droit à une réponse », estime-t-elle. À noter qu'Apple, de son côté, « nie toutes les allégations de la plainte et tout acte fautif ou illégal », insistant sur le fait que l'accord conclu visait simplement à clore le litige, sans reconnaissance de culpabilité.
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