Avant-première : « Lift with Fing » ou comment nous travaillerons demain

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Dans sa configuration virtuelle ultime, le travail ne fera plus référence à aucun espace physique.
Dans sa configuration virtuelle ultime, le travail ne fera plus référence à aucun espace physique. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le numérique bouleverse nos méthodes de travail. A Marseille, les 21 et 22 octobre, à la villa Méditerranée, la conférence "Lift with Fing" entend réfléchir aux enjeux et changement du travail dématérialisé... Par François Leclerc.

Quel plus grand changement et enjeu le travail va-t-il connaître dans le cadre de l'économie numérique de demain ? C'est à cette unique question que six des conférenciers des journées de Marseille de mardi et mercredi prochains se sont efforcés de répondre pour La Tribune.

Tels de véritables explorateurs d'un nouveau monde, tous défrichent des pistes selon des angles diversifiés, en rapport avec leur discipline ou activité, créant le sentiment que la mutation qui s'annonce sera multiforme et d'ampleur, porteuse de profondes remises en question qu'il reste pour certaines encore à imaginer. Afin de s'y préparer sans attendre, les participants vont tirer autant de « fils rouges » car les innovations en cours et leurs effets s'enchaînent à une cadence rapprochée. A les entendre, la révolution numérique va bouleverser le monde du travail et, par ricochet, la société au sein de laquelle il joue un rôle si décisif.

Le travail ne fera plus référence à un espace physique

Stefana Broadbent, qui enseigne l'anthropologie numérique à la University College de Londres, s'attend à « une fragmentation du travail accrue, accompagnée d'une précarisation croissante des rôles », rendant complexe leur intégration. « Dans sa configuration virtuelle ultime, le travail ne fera plus référence à aucun espace physique », prédit-elle.

Jeremy Meyerson, directeur de recherche au Royal College of Art, tout en soulignant que la problématique de l'avenir du travail est une question en chantier permanent, voit un danger imminent dans la surcharge qu'il va représenter et l'épuisement qu'il suscitera : le travail s'effectuera « dans une usine dont les portes ne fermeront jamais, soumis à un rythme proche du continu ». Patricia Vendramin, directrice de recherche à la Fondation Travail-Université et professeure invitée à l'université de Louvain-la-Neuve, met en avant le changement majeur que représentera « le rapport à l'espace et au lieu de travail, à la fois pour la distribution géographique des emplois, mais aussi pour les bouleversements qui interviennent déjà dans l'exercice même du travail qui, de plus en plus, peut s'effectuer en dehors du bureau habituel ou d'un lieu permanent. » Tandis qu'Olivier Fournout, enseignant à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications (ENST) et chercheur, estime plus généralement que « la tension ira croissante entre individuation et standardisation, dans les domaines de l'organisation, de l'information, de la culture et de la biologie », propos qu'il développera.

Les enjeux du travail numérique

Ben Waber préside Sociometrics Solutions, une société américaine qui propose aux entreprises de mesurer en leur sein les communications et transferts de connaissance, pour les analyser afin de les optimiser. Il considère comme principal défi de réussir « la combinaison de la flexibilité et de l'échelle du travail numérique avec le pouvoir et la profondeur de la communication et des rencontres face à face ». Enfin, Jordi Serrano, l'un des pilotes de Future4Work, qui, en Catalogne, assiste les entreprises dans leur mutation, mentionne la raréfaction à venir du travail « car le travail peut-être de plus en plus automatisé et dispersé dans le monde entier ».

Il précise : « Tout le monde n'aura pas les compétences numériques et l'autonomie nécessaire à la recherche d'un nouvel emploi quand ce sera nécessaire, ou pour le créer soi-même, et les gouvernements devront avoir une politique permettant à tous de monter à bord. »

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Commentaires
a écrit le 21/10/2014 à 18:49 :
Je l'avais prédit, la division du travail est économiquement idéal et humainement invivable.

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