Après les annonces Macron, InfraVia lance un fonds de 300 millions d'euros dans la tech

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Spécialisé dans l'investissement dans les infrastructures de transport, d'énergie, de télécoms et de santé, InfraVia gère 4 milliards d'euros et lance un véhicule de 300 millions d'euros pour les startups technologiques.
Spécialisé dans l'investissement dans les infrastructures de transport, d'énergie, de télécoms et de santé, InfraVia gère 4 milliards d'euros et lance un véhicule de 300 millions d'euros pour les startups technologiques. (Crédits : InfraVia)
Après Bpifrance, Axa ou encore Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la société de gestion InfraVia, spécialisée dans les infrastructures de transport, d'énergie, de télécoms et de santé, lance son propre fonds tech doté de 300 millions d'euros. Il s'agit du premier "effet domino" suite aux annonces d'Emmanuel Macron en septembre.

L'effet domino à l'oeuvre ? Le 17 septembre dernier, le chef de l'Etat annonçait avoir recueilli 5 milliards d'euros de promesses d'investissements de la part des "zinzins", les investisseurs institutionnels français - banquiers, assureurs, mutualistes... - avec pour objectif de déclencher encore plus de levées de fonds supérieures à 50 ou 100 millions d'euros, celles qui créeront les 25 licornes souhaitées par le président de la République à l'horizon 2025. Une bonne nouvelle pour l'écosystème tech, qui espérait que cette initiative en déclencherait d'autres, de la part d'acteurs qui, jusqu'à présent, restaient éloignés des startups.

Créer des ponts entre les startups et les géants des infrastructures

L'initiative de la société de gestion InfraVia peut donc être interprétée comme le premier domino qui tombe suite aux annonces d'Emmanuel Macron. Mardi 1er octobre, l'entreprise spécialisée dans les infrastructures de transport, d'énergie, de télécoms et de santé, a annoncé le lancement de son premier véhicule d'investissement dédié aux startups. Baptisé InfraVia Growth, le fonds est doté de 300 millions d'euros et emploiera "une dizaine" de personnes. Il investira des tickets compris entre 10 et 50 millions d'euros dans des startups spécialisées dans des solutions innovantes pour les infrastructures, comme l'explique Vincent Levita, le fondateur d'InfraVia:

"La technologie, notamment l'exploitation des données, bouscule et transforme les secteurs dans lesquels nous investissons. Mais il n'existe pas assez de passerelles entre les deux mondes. Investir dans ces startups nous permet de leur faire bénéficier de notre expérience et de leur ouvrir des portes pour accélérer et améliorer la transformation numérique des infrastructures", explique le dirigeant.

Créé en 2008, InfraVia gère 4 milliards d'euros d'actifs et a récemment choisi d'investir davantage dans les infrastructures numériques comme les centres de données. S'il n'est pas un investisseur institutionnel, son argent vient à 60% d'assurances vie et de fonds de pension européens, asiatiques et nord-américains, et à 40% d'assureurs et de caisses de retraites français.

"Nous préparons ce fonds tech depuis le début de l'année, mais nous avons décidé de le lancer après les annonces d'Emmanuel Macron pour montrer que le secteur privé se mobilise aussi dans cette dynamique d'investissement dans la tech", précise l'entreprise.

Pas énormément de confirmations d'investisseurs institutionnels

Si l'initiative d'InfraVia montre que le secteur privé emboîte le pas suite aux annonces présidentielles, les acteurs inclus dans les 5 milliards d'euros annoncés par l'Elysée ne sont pas encore tous manifestés. Pour l'instant, le compte n'y est pas, loin de là. Seuls l'assureur AXA, la banque publique d'investissement Bpifrance et le Crédit Mutuel ont confirmé leur implication dans le dispositif présidentiel. La faute, en partie, au flou qui entoure encore le fléchage concret des fonds des investisseurs institutionnels vers l'innovation, comme l'avait regretté Jean-David Chamboredon, le co-président de l'association France Digitale, qui regroupe de nombreux investisseurs tech et leurs startups.

Parmi ceux qui se sont déjà officiellement lancés, AXA a annoncé, dès le 17 septembre, la création d'un fonds de 250 millions d'euros dans un premier temps, qui pourrait atteindre, "à terme", 1 milliard d'euros, géré par Axa Venture Partners. De son côté, Bpifrance, filiale de la Caisse des dépôts, a annoncé un fonds de 500 millions d'euros pour le compte d'investisseurs institutionnels français. Enfin, Crédit Mutuel Alliance Fédérale mobilise une enveloppe de 200 millions d'euros dédiée au financement de la French Tech. Dans le détail, 125 millions d'euros seront investis par sa filiale de capital-investissement, et 75 millions d'euros seront également investis par les Assurances du Crédit Mutuel (ACM).

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