Du covoiturage culturel au service des entreprises

Geneviève Hermann, à Lille

Geneviève Hermann, à Lille
Difficile de se faire une place dans le covoiturage avec un Blablacar qui détient plus de 90% du marché sur toute l'Europe. Mais c'est quand même possible, avec une offre différenciante, à en croire Thibault Denis du Péage, le cofondateur de Covoiture-Art. Il s'en explique.
Retenue à un appel à projet lancé par l'accélérateur The Bridge
La voiture devient en quelque sorte le dernier salon culturel où l'on cause. Deux ans après sa création, la plateforme d'échange de Covoiture-Art compterait déjà plus d'un million d'utilisateurs. Pourtant, quand Thibault Denis du Péage et Adalaïse Choy l'ont lancé en 2014, personne ou presque à Lille ne croyait en leur projet. Il leur a fallu se débrouiller tout seuls ou presque jusqu'au moment où leur entreprise a été labélisée French Tech après avoir été retenue au printemps 2016 à un appel à projet lancé à Avignon par The Bridge, une plateforme d'accélération axée sur les métiers de la culture et initié par le festival d'Avignon.
En février 2016, Covoiture-Art décrochait le prix Global Innovation & Entreprise décerné par le IE-Club, une association de promotion de l'innovation unissant grands groupes, investisseurs, organismes publics, centre de recherche et PME. Quelques mois plus tard, c'était au tour de Groupama de lui décerner le prix de créateur de confiance.
De quoi offrir à la startup lillois les appuis qui lui manquaient pour optimiser son modèle économique et développer la version 2.0 de sa plateforme collaborative avec le lancement de Covoiture-Art Evénements en produit d'appel.
Dès janvier 2017, une API (Interface de Programmation) de covoiturage sera proposée aux institutions culturelles privées et publiques. Ces dernières bénéficieront ainsi d'un module de covoiturage intégré directement sur leur site Internet en marque blanche.
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Le Château de Chambord, le musée de la Grande Chartreuse en Isère et le Château du Champ de Bataille en Normandie seraient déjà intéressés. De même que l'Union Régionale des Associations Culturelles et Educatives du Nord Pas de Calais.
Avec plus de 1 million d'utilisateurs inscrits sur sa plateforme actuelle et un réseau d'une centaine de partenaires culturels, Covoiture-Art dégage très peu de recettes pour l'instant. Avec son API, elle envisage de réaliser 257 00 euros de chiffre d'affaires en 2017 en trouvant un peu plus de 80 lieux culturels partenaires. Cette activité pourrait générer environ 750 000 euros d'ici 2020 selon les estimations de ses dirigeants. C'est mieux mais Covoiture-Art vise plus grand.
La startup veut que sa plateforme de covoiturage devienne la solution de mobilité des entreprises. Elle vise le marché des établissements de plus 100 salariés à qui la loi de transition énergétique impose d'adopter un Plan de Mobilité d'ici le 1er janvier 2018 dans la mesure où ils sont implantés sur un territoire concerné par un plan de déplacements urbains.
« Notre plateforme permettra d'organiser des trajets travail-domicile et des sorties culturelles entre collègues. Elle sera personnalisée et reprendra la chartre graphique du site internet de l'entreprise. Elle aidera les utilisateurs à gérer les impondérables et proposera un système automatisé de gestion des relevés de trajets. Au delà de l'aspect utilitaire du covoiturage, cette solution sera pour les entreprises un véritable outil de team building et de rayonnement à l'échelle locale », précise Thibault Denis du Péage.
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Dans son business plan, la startup vise avec cette offre entreprise un chiffre d'affaires de 367.000 euros dès 2017 et de 1,6 million d'euros en 2020. Pour faciliter cette diversification d'activité, elle a revu son organisation. Covoiture-Art.com s'est transformée en holding et reste implantée à Lille. Elle chapeaute la filiale Promobilitae SAS dédiée à la mobilité des entreprises et la filiale Covoiture-Art SAS en charge des autres activités. Cette dernière quitte Lille pour Avignon. Une ville où elle aura toute sa place en tant qu'entreprise labellisée Avignon-Provence French Tech Culture. Dommage pour Lille.
Geneviève Hermann, à Lille