iDVRoom ou WayzUp, qui gagnera la bataille du covoiturage domicile-travail ?

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Une startup française réussira-t-elle à s'imposer comme leader du covoiturage de courte distance, comme Blablacar a su le faire pour les longs trajets ?
Une startup française réussira-t-elle à s'imposer comme leader du covoiturage de courte distance, comme Blablacar a su le faire pour les longs trajets ? (Crédits : DR)
La filiale de la SNCF et la startup soutenue par l'accélérateur Via-ID du groupe Mobivia se font concurrence sur la route, mais aussi sur le papier. Les chiffres avancés par les deux startups sont difficilement comparables, ce qui ne simplifie pas la tâche de qui voudrait distinguer un éventuel leader. Cela dit, La Tribune tente de décrypter les données qui permettraient d'évaluer la force de frappe des différents acteurs sur le marché.

Grèves SNCF et pénurie de carburant incitent les voyageurs à se tourner vers des solutions alternatives comme le covoiturage urbain. Cela dit, personne ne semble encore avoir trouvé la bonne recette. Du moins, aucune plateforme n'a-t-elle encore réussi à s'imposer comme acteur du marché, estimait récemment Frédéric Mazella, le fondateur de Blablacar, numéro un du covoiturage longue distance, interrogé par La Tribune. Pourtant le covoiturage domicile-travail existe bel et bien, mais de manière plutôt informelle, analysait celui qui a lui-même commencé par proposer des sites de covoiturage à des entreprises, avant de tout lâcher pour la longue distance, faute de succès. Bien lui en a pris vu la croissance de la jeune pousse, désormais entrée dans le club des licornes, ces entreprises valorisées plus d'un milliard d'euros.

Du côté de l'Ademe on confirme cette tendance : "de nombreux collaborateurs pratiquent quotidiennement le covoiturage, sans pour autant passer par une plateforme", explique un analyste à La Tribune. En matière de volume, il faut tout de même relativiser car le covoiturage ne représente à ce jour qu'une infime proportion des trajets réalisés chaque jour. Ainsi, selon une récente étude de l'Ademe (l'agence de l'environnement et de l'énergie), le covoiturage de courte distance n'a pas connu de réel démarrage en raison de freins clairement identifiés.

iDVRoom se présente comme le leader du marché

Cependant Frédérique Ville, la directrice générale d'iDVRoom, filiale de la SNCF, n'est pas de cet avis. L'entreprise se présente d'ailleurs comme le pionnier du covoiturage depuis dix ans, et revendique la première place en la matière. "Nous sommes aujourd'hui leader sur le marché, avec plus de 120.000 utilisateurs inscrits, c'est-à-dire, ayant utilisé la plateforme au moins une fois au cours des 18 derniers mois", affirme Frédérique Ville. La DG d'iDVRoom assure ne négliger aucun concurrent en évoquant les dizaines de startups qui n'ont cessé de se lancer dans la course depuis septembre 2015.

"Mais il n'existe pas de modèle économique pour quinze", prévient-elle. Et de détailler alors celui d'iDVRoom, qui repose en partie sur la commission prélevée sur chaque trajet, sur les services additionnels (assurance, etc.), et surtout sur le B to B (business to business), en proposant ses services aux entreprises et aux collectivités locales, en plus des particuliers. Elle compte à ce jour 80 partenaires en B to B. Confiante, la société ambitonne de multiplier par 2,5 le nombre de ses utilisateurs, qui avait déjà triplé en 2015.

WayzUp séduit 1 salarié sur 4

Pour rester dans les chiffres, chez WayzUp, le nombre d'inscrits peut certes paraître plus petit : 37.000 membres. "Mais ceux-ci sont des utilisateurs réguliers, qui utilisent la plateforme au moins une fois par semaine", assure à La Tribune Julien Honnart, le fondateur de la jeune pousse, soutenue par l'accélérateur de business Via-ID du groupe Mobivia, spécialisé dans les nouvelles mobilités, qui a également investi dans la jeune pousse Heetch (transport nocturne entre particuliers), ou encore Drivy (location de voitures entre particuliers). La startup, qui ne fonctionne qu'en B to B, propose ainsi plus de 16.500 trajets quotidiens en Ile-de-France et quelque 46.000 à l'échelle nationale. Mais ce qui compte avant tout, c'est atteindre la masse critique. "C'est pour ça que notre stratégie consiste à nous développer par zone d'activités, avec plusieurs entreprises qui mutualisent leurs trajets", nous confie l'entrepreneur.

Et grâce à son application mobile et à sa méthodologie de déploiement dans les entreprises, la société affiche de forts taux d'adhésion des salariés: "80% d'inscrits WayzUp trouvent des covoitureurs sur leur trajet et à leurs horaires dans nos entreprises partenaires", calcule ainsi Julien Honnart en nous montrant le maillage du territoire par zones en temps réel. WayzUp est ainsi partenaire de 35 entreprises, à l'instar du Technocentre Renault à Guyancourt où la jeune pousse parisienne a pour l'heure séduit 10% de l'effectif avec 850 salariés inscrits sur la plateforme. En moyenne, la startup de Julien Honnart évoque un taux d'adhésion de 12% de l'effectif inscrit chez ses clients, les meilleurs allant jusqu'à 27%, soit plus d'un collaborateur sur quatre.

Une recette connue et partagée

Reste que l'ensemble des acteurs et des chercheurs semblent s'accorder sur le fait que l'avenir du covoiturage urbain passe par les trajets quotidiens domicile-travail. Et si une jeune pousse espère atteindre la masse critique nécessaire à sa survie, elle doit impérativement miser sur le B to B, et fonctionner par zones d'activité, afin que l'offre soit à la hauteur de la demande. Ce que concédait récemment le patron de l'entreprise OuiHop', qui est ainsi passé du B to C (business to consumer) au B to B. C'est en forgeant qu'on devient forgeron...

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