Femmes dans la tech : le plafond de verre persiste pour les levées de fonds

égalité femmes hommes
iStock

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Un peu mieux... mais toujours largement insuffisant. Pour la troisième année consécutive, StartHer et KPMG ont publié leur baromètre des levées de fonds des startups tech dirigées par des femmes. Et comme chaque année, il démontre de manière implacable l'ampleur du manque de parité dans le milieu de la tech, malgré les progrès réalisés.
Dans le détail, StartHer indique que les startups dirigées ou co-dirigées par des femmes ont levé 239 millions d'euros en 2018, répartis dans 77 opérations. Sur le montant total, c'est une goutte d'eau : d'après le baromètre annuel EY du capital-risque, les startups tricolores ont levé 3,62 milliards d'euros en 2018, pour 645 opérations. Cela signifie que les femmes ont levé à peine 6,6% du montant total, pour 12% des levées (avec une méthodologie différente, StartHer et KPMG arrivent à respectivement 7,4% et 12,5%).
Et pourtant, si les montants paraissent faibles, ces 239 millions d'euros représentent une augmentation spectaculaire de 68% par rapport à 2017 (142,5 millions d'euros). Autre raison de voir le verre à moitié plein, les femmes sont légèrement sur-représentées dans le dealflow : d'après la French Tech, 10% des startups en France sont dirigées ou co-dirigées par des femmes, mais celles-ci représentent pourtant 12% du nombre des levées de fonds. L'an dernier, le ratio était même meilleur (14,5%). Cela signifie que les startuppeuses ne souffrent pas d'un manque d'accès au financement, mais que le plafond de verre persiste puisque la part des femmes dans l'ensemble des levées diminue à son plus bas niveau en trois ans (13% en 2016).
Le plafond de verre se manifeste surtout quand on regarde le montant du ticket moyen, qui s'élève à 3,1 millions d'euros pour les femmes, moitié moins que celui des hommes (6 millions d'euros). En revanche, l'écart se resserre au tour par tour. En amorçage, le ticket moyen s'élève à 750.000 euros, contre 850.000 euros pour les hommes. La Série A est le palier le plus égalitaire : le ticket moyen se situe à 4 millions d'euros pour les femmes et à 4,1 millions pour les hommes. L'écart se recreuse lors de la Série B (7,9 millions d'euros pour les femmes, 8,5 millions pour les hommes).
Si le nombre de Séries A et B progresse chez les femmes, 54% des levées féminines se situent dans l'amorçage, et seulement 7% dépassent la Série B.
D'autres motifs de satisfaction sont à trouver dans les secteurs dans lesquels les femmes se distinguent. En 2017 et en 2016, les levées de fonds réalisées par les femmes se situaient surtout dans le e-commerce et les e-services, c'est-à-dire plutôt des innovations d'usage avec peu de technologie.
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Cette année, la "tech" gagne du terrain : de 51%, la part des levées féminines dans les e-services baisse à 34%, tandis que la présence des femmes dans les logiciels et la santé augmente respectivement de 8 points et de 2 points. "Il est très positif que les femmes se cantonnent moins aux applis low tech et étendent leur champ d'action", se réjouit Maya Noël.
Du côté des performances, les trois plus grosses levées de fonds réalisées par des femmes en 2018 sont les 55 millions d'euros d'Innovafeed (élevage d'insectes), les 20 millions d'euros de Cellnovo (système de gestion du diabète) et les 15 millions de Selency (anciennement BrocanteLab, site de e-commerce de meubles d'occasion et vintage).
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De leur côté, certains fonds se distinguent plus que d'autres. Le top 3 des investisseurs qui financent des startups dirigées par des femmes se compose de Bpifrance, de Kima Ventures (le fonds d'amorçage de Xavier Niel) et d'Angel Square, qui a consacré 28% de ses investissements à des startups féminines. Certains acteurs régionaux comme Creazur ou Sofilaro frappent encore plus fort puisque respectivement 100 % et 50 % de leurs sociétés financées sont dirigées par des femmes.