La French Tech semble vivre une recomposition silencieuse. Les chiffres du rapport de Y Ventures sont sans appel : les levées de fonds ont chuté de 26 % en valeur en un an, pour retomber à 3,1 milliards d'euros au premier semestre 2025. En volume, la baisse est plus limitée (-10 %, à 629 opérations), mais le contraste avec le reste de l'Europe est frappant. Alors que le Vieux Continent limite la casse (-12 % en valeur), l'Hexagone sous-performe avec une baisse de 26 % des montants levés, alors qu'elle limite la casse en volume (-10 % contre -44 % pour l'Europe). « La France paie l'absence de méga "deals" à plus de 100 millions d'euros, qui dopent ailleurs les totaux européens », souligne l'étude.
En parallèle, le marché des fusions-acquisitions, toujours globalement déprimé, reprend un peu vie. Après un semestre 2024 au plus bas depuis trois ans, la valeur des acquisitions a bondi de 33 % début 2025, portée par deux transactions phares : la cession d'Exclusive Networks pour 2,2 milliards d'euros, et celle d'Esker pour 1,6 milliard. Le poids des transactions large cap s'accroît de manière significative, représentant désormais 11 % des exits en 2025, contre seulement 4 % en
2022, traduisant une montée en gamme progressive du marché.
Mais au total, 257 exits ont été recensés, en baisse de 13 % en volume. « Le contexte reste morose, car depuis 2022, qui était le point haut du cycle, le marché est en décroissance. Mais le retour de quelques gros "deals" et le fait que certains segments de la tech s'en sortent mieux que d'autres montrent quelques signaux faibles positifs », analyse Yannick Henriot, fondateur et partner chez Y Ventures.