Impact USA : 17 startups de la French Tech partent conquérir l’Amérique

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Pour réaliser en dix semaines ce qu'une startup ferait seule en dix mois, Impact USA a créé toute une série d'outils de coaching sur-mesure. Dix-sept startups composent la promotion 2017.
Pour réaliser en dix semaines ce qu'une startup ferait seule en dix mois, Impact USA a créé toute une série d'outils de coaching sur-mesure. Dix-sept startups composent la promotion 2017. (Crédits : DR)
Dix-sept startups de la French Tech en hyper-croissance ont été sélectionnées pour la quatrième édition du programme d'accélération Impact USA. L’objectif ? Faciliter leur conquête du marché américain pour devenir peut-être, les prochaines licornes françaises.

Réaliser en dix semaines chrono ce qui prend d'ordinaire dix mois ou un an. Tel est l'objectif, ambitieux, du programme d'accélération de startups Impact USA. Pour l'édition 2017, dix-sept pépites de la French Tech ont été sélectionnées sur dossier, en fonction de leur potentiel et de leur maturité, parmi « plusieurs centaines » de candidatures. Du 17 avril au 23 juin, les heureuses élues bénéficieront d'un programme de coaching sur-mesure réalisé par les équipes de Business France, co-organisateur du programme avec Bpifrance.

Ces dix-sept startups évoluent dans des domaines très différents : data (Deep Algo, Dawex, Predicsis, Saagie), intelligence artificielle (LiveMon), sécurité informatique (Seclab), internet des objets (Plume Labs, Smart&Blue), legal tech (eJust), médias (Cognik), publicité ou encore marketing (Fidzup, Optimiz.me, Tinyclues). Mais toutes incarnent l'excellence française dans les nouvelles technologies (Xooloo a même gagné un CES Best of Innovation Award en janvier dernier). Et toutes veulent conquérir le monde grâce à leurs solutions innovantes.

Mais pour cela, il faut changer de dimension. Partir à la conquête du marché mondial, signer des « deals » avec des partenaires et clients, lever des fonds pour soutenir sa croissance. « Toute startup qui veut devenir un leader mondial dans son secteur doit s'internationaliser le plus vite possible » aime répéter Nicolas Dufourcq, le directeur de Bpifrance. Pour Stéphane Alisse, le directeur du département Tech et Services de Business France Amérique du Nord et du programme Impact USA, s'implanter aux États-Unis n'est pas une option.

« Si votre secteur d'activité l'impose et que vous voulez lever des fonds et signer des gros contrats, il faut avoir une filiale ou votre siège social aux Etats-Unis, car c'est la porte d'entrée du marché mondial. C'est là où tout se joue », explique-t-il.

     | Pour aller plus loin, lire notre reportage à San Francisco avec les startups de promotion 2016. Dans la jungle de la Silicon Valley avec les startups françaises

S'implanter aux Etats-Unis ne s'improvise pas

Problème : s'implanter aux Etats-Unis ne s'improvise pas, car les codes du business sont très différents de ceux pratiqués en France.

« Il faut complètement réapprendre à pitcher et à définir sa proposition de valeur. C'est une acculturation dont on sous-estime l'importance et qui prend beaucoup de temps lorsqu'on décide d'y aller seul», explique Florence Tison, la directrice du département Tech et Services de Business France sur la côte Est.

Pour Stéphane Alisse, le temps est un critère essentiel. Il faut aller très vite une fois sur place pour ne pas rater des opportunités, ni se faire dépasser par la concurrence :

« Se développer aux États-Unis est un marathon couru à la vitesse d'un sprint. Il est impératif d'avoir une préparation minutieuse, de bien définir sa stratégie d'approche du marché et d'intégrer au plus vite les codes du business à l'américaine, pour être immédiatement opérationnel une fois sur place ».

     | Lire. Laura Elmore, ex-coach de Steve Jobs : "Les startups françaises ne sont pas assez offensives"

Dix semaines au pas de course

Pour réaliser en dix semaines ce qu'une startup ferait seule en dix mois, Impact USA a créé toute une série d'outils de coaching sur-mesure. Les startups se scinderont en deux groupes. Dix d'entre elles poseront leurs valises à San Francisco, au cœur de la Silicon Valley. Les sept autres iront à New York, dans la Silicon Alley.

Chacune sera suivie par un conseiller dédié de Business France, chargé de lui apporter des rendez-vous commerciaux, d'investisseurs, de partenaires et d'affiner sa stratégie de pénétration aux États-Unis. Des workshops (ateliers) se tiendront chaque semaine sur des thèmes précis (marketing, vente, gestion de produit, relation commerciale, levée de fonds, recrutement, conseils juridiques et fiscaux...). Des concours de pitch seront régulièrement organisés, tout comme des cessions avec deux « coachs » spécialistes du marché américain, Page Aloo et Pam Smith.

Contrairement aux années précédentes, les startups bénéficieront aussi d'un accompagnement en amont, réparti sur les semaines précédant le départ.

« Le but est d'effectuer ce travail d'acculturation avant de partir pour leur permettre de ne pas rater les premiers rendez-vous. Il faut que les startups soient efficaces dès le début et qu'elles soient prêtes à ouvrir leur bureau aux États-Unis dès la fin du programme », indique Matthieu Blandineau, le « project manager » d'Impact USA.

Des alumnis surmotivés

De leur côté, les startups abordent leur périple de dix semaines comme une opportunité à ne pas rater. « Il est temps pour nous d'accélérer. Notre technologie est pour l'instant en avance sur le marché, mais nous ne voulons que des investisseurs américains finissent par financer nos concurrents, car nous ne sommes pas sur place », explique Fabrice Tocco, le Pdg et co-fondateur de Dawex, une place de marché pour monétiser, partager ou acquérir tous types de données, sans intermédiaire, destinées aux entreprises ou aux acteurs publics.

Si d'autres startups n'enverront qu'une partie des dirigeants au pays de l'Oncle Sam, les deux fondateurs de Dawex partiront ensemble pendant toute la durée du programme. Ils vont donc laisser l'avion en pilotage automatique. « C'est un défi, mais nous avons adapté le management interne, préparé notre départ et fait en sorte qu'il y ait le moins possible de grosses décisions à prendre pendant ces dix semaines », poursuit Fabrice Tocco, qui s'attend toutefois à travailler en décalé, tôt le matin, pour rester en contact avec les équipes en France.

486 emplois créés par les anciens, dont 80% en France

Si l'on en croit les anciens participants, ce sacrifice en vaut la chandelle. Philippe Laval, le Pdg de la startup Evercontact (un carnet d'adresses électronique, promotion 2015), estime que le programme a créé un « déclic ». « On s'est rendu compte qu'on avait une technologie de très haut niveau, mais qu'on ne l'exploitait pas à la hauteur de son potentiel. Cette réflexion nous a poussés à modifier à la fois notre proposition de valeur et notre modèle économique », indique-t-il. Avec succès : après s'être implantée aux États-Unis dès 2015, la startup s'est fait racheter par un concurrent, One More Company, en août dernier.

Au total, 27 des 34 entreprises ayant participé aux trois premières éditions (dont Akeneo, Giroptic, Famoco, Lima, Pradeo, Seven Hugs, Sublime Skinz ou encore Tilkee) ont réussi leur implantation sur le marché américain. Les startups ont levé 77 millions de dollars pendant ou à l'issue du programme, et signé plus de 200 contrats commerciaux. Elles ont aussi créé 486 emplois, dont 389 en France.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2017 à 10:21 :
Bon c'est bien ou pas les états unis en ce moment !? Faudrait savoir parce que quand on lit vos articles sur trump on n'a vraiment l'impression d'un pays sinistré dans lequel il ne faut surtout pas aller !

Bref...
a écrit le 09/02/2017 à 0:29 :
Mirroir aux alouettes et rien d'autre...
a écrit le 09/02/2017 à 0:29 :
Mirroir aux alouettes et rien d'autre...

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