Le franco-américain Dataiku devient une licorne grâce à l'entrée de Google au capital

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Florian Douetteau, CEO et cofondateur de Dataiku.
Florian Douetteau, CEO et cofondateur de Dataiku. (Crédits : Dataiku)
CapitalG, le fonds de capital-risque d'Alphabet (maison-mère de Google), prend une participation dans la startup Dataiku. Sa valorisation grimpe à 1,4 milliard de dollars, ce qui propulse la pépite dans le club des licornes.

Dataiku finit l'année en fanfare. Un an après avoir levé 101 millions de dollars (98 millions d'euros), la pépite française de l'analyse de données pour les entreprises devient une licorne. Suite au souhait du fonds français Serena de vendre une partie de ses parts, Dataiku a fait entrer au capital CapitalG, le fonds de capital-risque d'Alphabet, la maison-mère de Google. L'opération financière, qui a rapporté "quelques dizaines de millions d'euros" à Serena, a surtout fait gonfler la valorisation de Dataiku, qui s'élève désormais à 1,4 milliard de dollars (1,26 milliard d'euros). La pépite entre donc dans le club très fermé des licornes, ces startups non cotées mais valorisées au moins 1 milliard de dollars.

Lire aussi : French Tech : la fabrique à licornes est lancée

Objectif Wall Street dans deux ou trois ans

Créée en 2013 à Paris, Dataiku officie dans le secteur très porteur - et concurrentiel - de la data analytics. Entre solutions de grands groupes (IBM, Microsoft...) et startups, Dataiku vend un logiciel dit "on-premice" (une plateforme logicielle directement installée sur les serveurs personnels des clients) baptisé DSS, pour "Data Science Studio". Destiné aux entreprises, il permet aux équipes, en interne, de collaborer sur une même plateforme et d'explorer la richesse des données internes pour en extraire les informations pertinentes et prendre des décisions "business" en conséquence.

En un an, l'entreprise est passée de 200 à 400 salariés et revendique 200 clients, essentiellement des grands groupes.

"Nous pensons qu'un acteur indépendant du logiciel, sur une niche de marché précise comme la nôtre dans l'analyse des données, peut coexister aux côtés des quatre géants que sont Google, Microsoft, Salesforce et Amazon, explique Florian Douetteau, le cofondateur et CEO. Car notre solution s'intègre dans l'architecture cloud de ces géants et offre un service complémentaire. C'est un petit marché de quelques dizaines de milliards de dollars que sont amenés à se partager, à terme, une grosse poignée d'acteurs dont nous", ajoute-t-il.

L'hyper-croissance spectaculaire de l'entreprise tend à lui donner raison. Depuis sa première levée de fonds de 3 millions d'euros en 2015, Dataiku a levé 14 millions de dollars en 2016, 28 millions de dollars en 2017 et 101 millions de dollars en 2018. En trois ans, la taille de l'entreprise et son chiffre d'affaires -non dévoilé- auraient quadruplé. Au point que Dataiku vise désormais, à un horizon de deux ou trois ans, l'entrée en Bourse à Wall Street. Précision qui a son importance, Dataiku est passée sous pavillon américain lors de son tour de table de 2016, en délocalisant son siège social à New York. Ce qui gâche un peu la fête : si l'ADN de Dataiku reste tricolore, la startup n'est techniquement pas une licorne française.

Un exit juteux pour Serena

Florian Douetteau interprète l'entrée de CapitalG au capital de Dataiku comme "un signe de confiance et de crédibilié". "Cela montre que notre business n'est pas en concurrence frontale avec les quatre géants. Nous travaillons d'ailleurs avec Microsoft, Amazon et Salesforce. Avoir Google au capital va nous permettre d'encore accélérer", se réjouit l'entrepreneur.

L'opération financière, d'un montant non dévoilé, s'est réalisée suite à la volonté du fonds français Serena de revendre une fraction de ses parts dans l'entreprise. Présent au capital depuis 2015, Serena a renfloué ses caisses de "plusieurs dizaines de millions d'euros", tout en conservant "une part significative d'environ 10%" dans l'entreprise, ce qui lui permettra de réaliser un exit très juteux si Dataiku réussit à se coter en Bourse. "Ils ont encore des parts de marché à aller chercher et nous voulons rester avec eux le plus longtemps possible", affirme Xavier Lorphelin, cofondateur et investisseur chez Serena. Dataiku dispose de bureaux à Paris -180 salariés-, New York, Los Angeles, Denver, ainsi qu'en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, à Singapour et à Sydney.

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a écrit le 05/12/2019 à 10:53 :
valorisées au moins 1 milliard de dollars.

En trois ans, la taille de l'entreprise et son chiffre d'affaires -non dévoilé- auraient quadruplé.

Une licorne se juge a l'accroissement du CA?!! non dévoilé veut dire que l'on ne le sait pas.

Alors une licorne se dit a partir du milliard deuros, elle figure dans la liste sur wikipédia alors racheté, sachant pas le ca, je trouve étrange la situation.

Il s'agira sans doute de vendre a google les métadonnées récoltés, donc a partir ou c'est google disons qu'il me semble difficile d'en parler.

Pour moi une licorne, c'est une question d'accroissement dans le réel ,sans ca juste avec des levées de fonds me permet tout a fait discutable économiquement.

Mais bon, c'est ainsi......
a écrit le 04/12/2019 à 21:00 :
Ces pépites de haute technologie, bénéficiant de nos aides au départ, sont très souvent destinées à être rachetées par des grosses entreprises étrangères dès qu’elles atteignent un certain niveau de développement ou d’attractivité, car nos grandes entreprises n’arrivent malheureusement pas à prendre le relais.
D’ailleurs le capital de nos grandes entreprises a lui aussi été peu à peu phagocyté par les fonds de pension anglo-américains et autres.
Elles aussi sont maintenant en train de changer de main à grande vitesse (après Pechiney, Arcelor, Solvay, Usinor, Alcatel, Technip, Lafarge, SFR, Alstom, Dantressangle, Business Object, Brandt, Rhodia, STX, Rossignol, Club Med, Essilor – en attendant peut-être Alstom Rail, Areva, PSA, et pourquoi pas Renault …).
C'est bien triste, et pourtant, rien n’a été fait pour maintenir la propriété française de tous ces fleurons, créés et développés patiemment par le talent et le travail de ceux qui nous ont précédés.
Il est affligeant de comparer le CAC 40 français, un cimetière de grands noms et d’industries disparues, fusionnées et démembrées (que sont devenus les géants Thomson, Bull, Pechiney, Alsthom, Usinor, Sacilor, CGE ? etc...), et le DAX 30 allemand qui aligne ses firmes centenaires (ThyssenKrupp, Daimler, BMW, Bayer, Henkel) aux côtés des géants du high-tech (Siemens, SAP, Infineon, Merck).
La réorientation massive de l'épargne vers nos grandes entreprises est devenue indispensable.
a écrit le 04/12/2019 à 17:37 :
Talend ... La Direction et les actionnaires sont partis aux USA
Ivalua ... La Direction et les actionnaires sont partis aux USA
Dataïku ... La Direction et les actionnaires sont partis aux USA
eFront ... La Direction et les actionnaires sont partis aux USA
...
Nos entrepreneurs ne restent pas en France. Mais pourquoi donc ? Faudrait que nos politiques arrêtent de se gargariser avec la French Tech et se posent les bonnes questions ...
Réponse de le 05/12/2019 à 14:54 :
Il n'est pas trop dur de savoir pourquoi ils partent : "mon ennemi c'est la finance", "les riches doivent payer", "bloquons le pays", "les actionnaires sont des voleurs", "la France on l'aime ou on la quitte"... À un moment, on récolte ce que l'on sème.
a écrit le 04/12/2019 à 17:35 :
Business: "Analyse des données"!
Tu m'étonnes que Google ça les intéresse! Big Brother est à des années lumière de ce que pouvait imaginer Orwell, en pire. Science sans conscience....

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