Big data : dix mois après avoir levé 14 millions de dollars, le français Dataiku double la mise

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Florian Douetteau, le Pdg et cofondateur de Dataiku.
Florian Douetteau, le Pdg et cofondateur de Dataiku. (Crédits : Dataiku)
La startup spécialisée dans l'analyse des mégadonnées pour les entreprises, désormais basée à New York, lève 28 millions de dollars (23,5 millions d'euros) pour accélérer sa conquête du monde. Dataiku vise, à moyen terme, l'entrée en Bourse.

Dataiku ne perd pas de temps. A peine dix mois après l'annonce d'une grosse levée de fonds de 14 millions de dollars (12,9 millions d'euros), la startup spécialisée dans le data analytics (analyse des mégadonnées pour les entreprises) double la mise. Florian Douetteau, son Pdg et cofondateur avec Marc Batty, Thomas Cabrol et Clément Sténac, annonce ce mercredi 6 septembre la réussite d'un nouveau tour de table, le troisième, pour un montant de 28 millions de dollars (23,5 millions d'euros).

Cette levée conséquente est menée par le fonds américain Battery Ventures, basé à Boston et reconnu pour son expertise dans le big data. Les précédents investisseurs de la startup, c'est-à-dire le fonds américain Firstmark Capital (Airbnb, Dashlane, Pinterest...) ainsi que les français Serena Capital (Lafourchette, Melty, Selectron...) et Alven Capital (iAdvize, Drivy, Happn...) remettent aussi au pot.

     | A lire. Startups : le français Dataiku lève 14 millions de dollars pour devenir le Criteo du big data

Une plateforme pour extirper la valeur des données internes

Dans un secteur très concurrentiel, entre solutions de grands groupes (IBM, Microsoft...) et startups, Dataiku commercialise un logiciel en SaaS (sofware as a service, une plateforme sur abonnement) baptisé DSS, pour "Data Science Studio". Destiné aux entreprises, il permet aux équipes de collaborer sur une même plateforme afin d'explorer la richesse de leurs données internes et d'en extraire des informations pertinentes pour prendre des décisions "business".

"Nous aidons nos clients à fédérer toutes leurs données au même endroit, à les nettoyer et à établir des scénarios prédictifs", précise le Pdg et cofondateur Florian Douetteau.

Concrètement, Dataiku est la base technique qui permet à ses "100 à 150 clients" (la startup reste vague) de maximiser le trésor de leurs données. BlaBlaCar et Captain Train s'en servent pour optimiser leur budget marketing en affinant la connaissance de leurs utilisateurs. L'Oréal et vente-privee.com l'utilisent pour personnaliser l'expérience client sur leur site afin de suggérer les produits les plus pertinents à chaque client potentiel. Certains e-commerçants développent grâce à Dataiku des outils d'optimisation logistique. Des grands groupes dans l'assurance s'en servent pour détecter les fraudes. Enfin, les industriels comme General Electrics privilégient une approche prédictive, en utilisant les données analysées par la startup pour prédire les pannes de leurs machines et limiter leur indisponibilité.

L'étape de "l'industrialisation massive" pour semer la concurrence

Pourquoi repasser par la caisse à peine 10 mois après avoir levé 14 millions de dollars ?

"Nous arrivons à un tournant stratégique, explique Clément Sténac, cofondateur et directeur technique de Dataiku. Il nous faut passer à l'étape de l'industrialisation massive de notre solution pour semer la concurrence et nous affirmer comme un leader mondial."

En dix mois, la pépite de la French Tech a effectivement déjà fait bien du chemin. La startup, rentable depuis son premier exercice d'après ses fondateurs, a intensifié ses efforts commerciaux pour recruter de nouveaux grands comptes et gonfler le panier moyen de nombreux clients. Elle a aussi ouvert un bureau à Londres en fin d'année dernière et a recruté une quarantaine de talents, pour porter ses effectifs à 100 salariés, dont 75 à Paris. La nouvelle levée lui permettra de "recruter une centaine de nouveaux collaborateurs aux profils commerciaux et techniques dans le monde", dans les dix-huit prochains mois. "Nous devons être agressifs pour déployer le produit plus massivement", résume Clément Sténac.

Cet afflux de cash va aussi permettre à Dataiku d'améliorer sa plateforme logicielle, qui combine "les technologies les plus avancées de data science et de machine learning". L'enjeu est aussi d'en simplifier l'usage, pour permettre à davantage de profils de l'utiliser dans les entreprises.

"Pour l'instant, ce sont surtout les équipes data qui utilisent la plateforme : les data scientists, les ingénieurs data et les data analytics. C'est bien, car ce sont des professions qui ont traditionnellement du mal à travailler ensemble. Mais il faut aussi que Dataiku soit plus accessible à des profils non-techniques, pour que chacun puisse être acteur de la collecte et de l'analyse de la donnée", précise Clément Sténac.

Parmi les "visionnaires" du Magic Quadrant de Gartner

Créée en 2013 à Paris, passée sous pavillon américain suite à la dernière levée de fonds en fin octobre 2016, Dataiku doit impérativement garder son avance technologique si elle ne veut pas perdre du terrain:

"La data-science n'est plus un sous-secteur de l'analytique comme c'était le cas il y a 20 ans, rappelle Neeraj Agrawal, directeur associé de Battery Ventures. Elle constitue aujourd'hui une clé de voûte pour l'innovation dans les entreprises. Nous sommes persuadés que l'avenir des outils de data science repose sur la capacité des plateformes d'analyse prédictive à faire collaborer sur un même projet et simplement des profils aux compétences et savoir-faire variés et complémentaires", ajoute-t- il.

Pour l'heure, la jeune pépite - qui précise n'avoir pas encore "grillé" le cash de la précédente levée -, est plutôt bien placée dans cette course de fond. En février dernier, l'entreprise a obtenu le titre de "Startup de l'année" aux Techies 2017, à Londres. La startup a également fait son apparition en 2017 dans le prestigieux "Magic Quadrant" de Gartner. Le cabinet l'a placée dans la catégorie "Visionnaire" et a salué "l'exhaustivité de sa vision".

Dataiku rêve toujours d'un destin à la Criteo. Celui d'une petite startup française qui croît si vite qu'elle devient leader mondial grâce à la puissance de sa technologie et une ambition hors du commun. Avec, en ligne de mire, une introduction en Bourse sur le Nasdaq. "La cerise sur le gâteau."

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a écrit le 29/08/2018 à 12:58 :
Après un an d'utilisation je peux dire que ce produit n'est pas fait pour faire du prédictif mais simplement pour traiter de la donnée et on a galéré à le mettre en place, il n'est même pas en production, je préfère Prevision.io l'autre champion français qui pour le coup nous a mis les modèles prédictifs en 2 semaines en production avec des performances qui sont bien au dessus de Dataiku
a écrit le 06/09/2017 à 17:04 :
avant on appelait bases de donnees, outils etl, et datamining
mettre a disposition du quidam des outils neuronaux ou statistiques alors qu'ils n'ont pas le niveau, ca fait sourire et on sait ce que ca donne!
( hey les gars n'oubliez pas de leur mettre des algorithmes genetiques et du deeplearning, ca fait toujours bien...)
c'est deja complique quand on y comprend qqch...... quand on voit que les francais recrutent des bac, bac-2 maitrisant sas et catia la ou les anglosaxons et les germains recrutent des phd, on sait d'ou ca vient
les resultats sont courus d'avance
a écrit le 06/09/2017 à 16:13 :
42 millions de dollars pour 100 a 150 clients... alors, je sors m calculette: j'ai un peuplus de 10.000 clients dans ma base de donnees, je peux donc pretendre a .. 4.2 milliards de fonds: Messieurs les investisseurs, preparez-vous a vider vos bourses...
a écrit le 06/09/2017 à 15:53 :
Je crois avoir décelé une incohérence entre :
"le français Dataiku"
"passée sous pavillon américain suite à la dernière levée de fonds "

Ce n'est pas pour se moquer, mais pour mettre en évidence si besoin était quelques autres incohérences spécifiques à la France et qui ont déjà fait l’objet de nombreuses études et rapports.
En dehors des problèmes de levées de fonds, qui doivent apparemment passer par des Dollars ou des Livres pour acquérir la crédibilité et la confiance, l’une des solutions est gentiment donnée par le cofondateur M. Clément Sténac, qui s’exprime dans l’article :
« faire collaborer sur un même projet et simplement des profils aux compétences et savoir-faire variés et complémentaires". C’est tellement simple… que cela la méthode parait inapplicable en France.

Bon vent à cette entreprise et bravo aux entrepreneurs.

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