Le startup studio mondial All Turtles se lance en France pour réinventer la production des innovations

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Jessica Collier, Phil Libin et Jon Cifuentes, les trois cofondateurs du startup studio All Turtles.
Jessica Collier, Phil Libin et Jon Cifuentes, les trois cofondateurs du startup studio All Turtles. (Crédits : All Turtles)
C'est officiel : un an après son lancement à San Francisco, le startup studio All Turtles, créé par l'ancien Pdg de l'ex-licorne Evernote, ouvre officiellement ses portes à Paris et annonce le nom de son directeur en France : Edoardo Manitto, ex vice-président de Lafayette Innovation.

"Le modèle exporté par la Silicon Valley ne fonctionne pas ailleurs dans le monde. Essayons-en un autre", nous expliquait l'entrepreneur et investisseur Phil Libin, en juin 2017, lorsque La Tribune révélait le lancement mondial de son nouveau projet, All Turtles. Un an plus tard -avec un peu de retard-, la branche parisienne de ce startup studio mondial dédié aux innovations dans l'intelligence artificielle est enfin opérationnelle.

Pour diriger la branche française, les trois cofondateurs Phil Libin, Jon Cifuentes (ancien journaliste chez Venture Beat) et Jessica Collier (ex-Evernote et Copper Technologies), ont fait appel à Edoardo Manitto, ancien vice-président de Lafayette Innovation. Comme nous le révélions, All Turtles est hébergé à Station F et s'appuie en France sur le soutien financier de Xavier Niel, investisseur aux côtés du fonds américain General Catalyst, du japonais Digital Garage et de Salesforce Ventures.

Lire aussi : Xavier Niel investit dans All Turtles, un startup studio mondial hébergé à Station F

Plus de startup, juste un produit : une méthode inspirée par HBO et Netflix

All Turtles réinvente le modèle des « startup studios », c'est-à-dire ces entreprises, comme eFonders en France ou Rocket Internet en Allemagne, qui aident des entrepreneurs à créer leurs startups en interne avant de les rendre autonomes. Mais All Turtles va plus loin en proposant aux entrepreneurs de carrément supprimer la startup, dont la gestion est une source sans fin de migraines pour les entrepreneurs.

« Quand on y réfléchit, le système actuel de la production des innovations marche sur la tête. Un entrepreneur qui a une idée géniale doit d'abord créer une startup, puis aller chercher des financements d'amorçage, puis naviguer dans les complexités juridiques et fiscales, puis faire son produit, recruter, gérer sa croissance, sa R&D, puis lever des fonds, gérer l'hypercroissance... C'est incroyablement compliqué, plein de pièges, et neuf startups sur dix en meurent. Souvent, elles ne meurent pas parce que le produit est mauvais, mais parce que l'entrepreneur passe son temps, par nature, à prendre des décisions et à faire des erreurs. Alors, je me suis dit : pourquoi s'infliger tout ça, pourquoi devoir monter une startup pour créer un produit innovant ? Et si l'entrepreneur se concentrait uniquement sur le développement de son innovation, et laissait des experts s'occuper à sa place de tous les autres aspects ? », explique Phil Libin à La Tribune.

Le concept d'All Turtles vise donc à attirer des entrepreneurs dès le stade de l'idée. Le studio mettra à leur disposition tous les talents nécessaires pour la transformer en produit ou en service commercialisable, puis gérera sa distribution. Exactement comme le font les studios de télévision HBO, Netflix et Amazon, qui sont une inspiration revendiquée par Phil Libin. Ces studios sont à l'origine du nouvel âge d'or de la télévision car ils ont, d'après Phil Libin, « remis le créateur au centre du processus ». « L'entrepreneur restera propriétaire de son produit, mais il n'aura même pas besoin de créer une structure pour le développer », explique-t-il. S'il souhaite tout de même créer une entreprise, celle-ci restera dans le giron du studio, qui prendra une participation.

Lire aussi : « All Turtles va renverser le modèle mondial de production des innovations » Phil Libin

Déjà présent à San Francisco, Paris et Tokyo, en attendant le Mexique et l'Europe et de l'Est ?

Le business model s'appuie sur les sorties des projets qu'il accompagne mais aussi sur les commissions des grands comptes qui utilisent All Turtles comme excubateur.

All Turtles accueille des profils bien distincts : des startups déjà existantes et financées early stage comme Growbot (un bot sur Slack pour partager les réussites en entreprise) et Replika (une intelligence artificielle destinée à devenir votre « meilleur ami ») ; mais aussi des porteurs de projet au stade embryonnaire et les « troublemakers », c'est-à-dire des grands groupes qui peinent à développer leur idée au sein de leur entreprise.

D'ores et déjà présent sur trois continents (San Francisco - Paris - Tokyo), All Turtles prévoit d'ouvrir de nouvelles antennes à travers le monde, notamment au Mexique et en Europe de l'Est, mais semble avoir repoussé cette ambition, qui était à l'origine prévue pour 2018.

Lire aussi : Phil Libin lance All Turtles, un startup studio mondial, le Netflix des innovations

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Commentaires
a écrit le 21/06/2018 à 12:41 :
le paramètre de réussite est « le débridage »
le problème des starts up :

c’est leur avancée «  immense et déconnecté »
sur les potentiels acheteurs et le manque de confiance des acheteurs aussi
, il faudrait raccourcir «  le fossé » entre

Comment faire ?
par intégration du «  projet » en changeant le langage, l’accessibilité, le mode de transmission et «  surtout lever les obstacles » TOUS les OBSTACLES par blocage d’apriori ou jugement de valeurs.

utiliser des «  processes » accessibles à la compréhension de tous et toutes

le but :
peut être que ça va sauver de « cette économie « trop mal partagée.

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