ManoMano, le Amazon français du bricolage, valorisé 2,6 milliards de dollars après une méga-levée de fonds

La "scale-up" parisienne (une entreprise en hypercroissance), lève 355 millions de dollars (environ 299 millions d'euros) auprès d'un nouvel investisseur américain. Déjà dominant en France sur le marché du bricolage et du jardinage en ligne, ManoMano prévoit d'investir massivement pour se développer ailleurs en Europe, et notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, afin de devenir un véritable "Amazon européen" de son secteur.
Sylvain Rolland

4 mn

Les deux cofondateurs de ManoMano, Christian Raisson et Philippe de Chanville.
Les deux cofondateurs de ManoMano, Christian Raisson et Philippe de Chanville. (Crédits : ManoMano)

Réglé comme du papier à musique. Tous les ans ou presque depuis sa création en 2013, le leader européen du bricolage, maison et jardin en ligne, ManoMano, réalise une levée de fonds toujours plus importante pour soutenir sa folle croissance et devenir un géant européen du e-commerce.

Après notamment 13 millions d'euros en 2016, 60 millions en 2017, 110 millions en 2019 et 125 millions en 2020, la startup parisienne passe à la vitesse supérieure en 2021 avec une nouvelle méga-levée d'une toute autre ampleur : 355 millions de dollars (environ 299 millions d'euros).

Cette fois, le tour de table est mené par l'investisseur américain Dragoneer Investment Group. Les investisseurs historiques Temasek, General Atlantic, Eurazeo, Bpifrance (via son fonds Large Venture), Aglaé Ventures, Kismet Holdings et Armat Group, complètent cette levée de série F. En huit ans, la pépite fondée par Christian Raisson et Philippe de Chanville a levé 725 millions de dollars. Licorne depuis janvier 2020, elle est désormais valorisée 2,6 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros).

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L'Allemagne et le Royaume-Uni dans le viseur

Ces financements permettront à ManoMano, déjà présent dans six pays en Europe - France, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni -, de consolider ses positions sur le Vieux Continent. Et notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, des marchés stratégiques pour devenir vraiment le "Amazon européen du bricolage/jardinage". Aujourd'hui, 60% de l'activité de l'entreprise est réalisée en France, d'où l'importance d'accélérer dans les autres pays européens pour semer la concurrence.

"La pandémie a suscité un engouement international dans le secteur du bricolage, et nous pensons que cette tendance va s'inscrire dans la durée. Les consommateurs du monde entier investissent de plus en plus dans leur maison et se tournent désormais vers les canaux en ligne pour la sélection, le prix et, surtout, le conseil. ManoMano est le leader du secteur sur ces trois critères, et aucune entreprise en Europe n'est mieux équipée pour aider les bricoleurs à réaliser leurs visions", estime Eric Jones, partner chez Dragoneer Investment Group.

Rien de tel qu'un inventaire de chiffres pour donner une idée de l'hyper-croissance de ManoMano. En 2013, la plateforme proposait 30.000 références dans l'électricité, la plomberie, la quincaillerie, l'huisserie, le mobilier intérieur et extérieur ou encore l'outillage. Elle employait 9 personnes et réalisait 1 million d'euros de chiffre d'affaires. Huit ans plus tard, les effectifs de l'entreprise sont montés à 800 personnes et elle permet à 3.600 marchands de proposer 10 millions de références. En 2020, 7 millions de clients ont été séduits. Sa croissance a atteint plus de 100% l'an dernier, avec un chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros. Les revenus tirés de sa plateforme Btob, ManoManoPro, lancée en 2019 et dédiée aux professionnels du bâtiment, ont même progressé de 140% en 2020.

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Plus de 1.000 recrutements d'ici à la fin de 2022

Un autre objectif majeur de la levée de fonds est de positionner ManoMano comme interlocuteur de référence de tous les professionnels du bricolage/jardinage européens qui souhaitent vendre en ligne. Les deux cofondateurs espèrent donc renforcer l'offre BtoB, notamment en Espagne et en Italie dans un premier temps, où ce segment n'est disponible que depuis fin 2020. Avec l'ambition de séduire, comme en France, au moins 1 petit artisan sur 5.

"Pour ses marchands partenaires, ManoMano permettra un meilleur accès aux marchés européens grâce au développement d'un réseau européen de logistique et un service client associé. Pour leur donner davantage les moyens d'accroître leur business en ligne, l'entreprise compte développer des services marketing et publicitaires dédiés", détaille la scale-up dans son communiqué de presse.

L'argent va aussi servir à investir davantage dans la technologie, afin d'améliorer l'offre de services. ManoMano, qui s'appuie déjà sur une communauté de "Manodvisors", souhaite renforcer pour les particuliers la dimension conseil et aide au montage de projets de A à Z. Enfin, la levée de fonds devrait permettre d'augmenter la notoriété de la marque en Europe, grâce à une stratégie d'investissements médias. L'objectif : que deux européens sur trois personnes puissent connaître l'entreprise, comme c'est aujourd'hui le cas en France d'après elle.

Pour réaliser ces objectifs ambitieux, ManoMano prévoit de recruter 1.000 nouveaux talents d'ici à la fin de 2022, ce qui ferait plus que doubler la taille de l'entreprise.

Lire aussi Bricolage : comment le français ManoMano veut en finir avec le "réflexe magasin"

Sylvain Rolland

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Commentaires 3
à écrit le 06/07/2021 à 13:38
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Une valorisation calculée sur la base de l'endettement et tout ça avec des comptes non déposés depuis le début.. Si un jour il faut éteindre l'incendie le colibri aura bien du boulot. 2001 l'odyssée de la dotcom. A quand l'ipo?

le 07/07/2021 à 7:21
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Je pense que les investisseurs ont visualisé les comptes avant de mettre des sous :) Pour ce qui est de l'endettement il n'y a rien d'anormal ici. J'imagine que vous avez un prêt vous aussi ? En fonction de vos moyens vous pouvez emprunter un certain...

à écrit le 06/07/2021 à 11:45
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Normal c'est "L'âge de faire". Bon contraints et forcés du fait de l'effondrement des salaires mais au moins cela relève un peu l'humain. Par contre tandis que cette pratique du faire soi-même imposée augmente on a vu en même temps une explosion des ...

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