Le spécialiste du bricolage ManoMano lève encore 125 millions d'euros pour conquérir l'Europe

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Fondé en 2013 par Christian Raisson et Philippe de Chanville, ManoMano a levé 311 millions d'euros.
Fondé en 2013 par Christian Raisson et Philippe de Chanville, ManoMano a levé 311 millions d'euros. (Crédits : Pixabay)
Un an à peine après une méga-levée de 110 millions d'euros, le site de bricolage ManoMano récidive en récoltant 125 millions d'euros auprès de ses investisseurs historiques et du fonds singapourien Temasek.

Où s'arrêtera ManoMano ? Déjà leader européen de la vente en ligne d'accessoires de bricolage et jardinage, le site ManoMano, membre du Next40, lève à nouveau 125 millions d'euros pour conforter ses positions en Europe. Fondée en 2013 par Christian Raisson et Philippe de Chanville, la pépite a levé 311 millions d'euros depuis sa création, à un rythme démentiel de quasiment un tour de table par an (600 000 euros en 2013, 2 millions en 2014, 13 millions en 2016, 60 en 2017 et 110 en 2019), ce qui en fait l'une des startups les mieux financées de la French Tech.

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Le "Amazon européen" du bricolage et du jardinage

Depuis sa création en 2013, ManoMano a vécu une croissance exponentielle. À l'époque, le site vendait 30.000 références dans l'électricité, la plomberie, la quincaillerie, l'huisserie, le mobilier intérieur et extérieur ou encore l'outillage, employait 9 personnes et réalisait 1 million d'euros de chiffre d'affaires. L'an dernier, au moment de lever 110 millions d'euros, l'entreprise revendiquait 3 millions de références, 2,5 millions de clients actifs, 370 employés dans six pays tous en Europe.

Désormais, preuve de la rapidité de son hyper-croissance, ManoMano affiche 4 millions de références, 3,5 millions de clients actifs, et plus de 550 employés, toujours dans six pays en Europe : la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Son chiffre d'affaires s'est élevé à 620 millions d'euros en 2019 et la startup serait rentable sur son marché principal, la France.

La société n'a pas dévoilé sur la base de quelle valorisation elle a réalisé cette méga-levée de fonds, qui marque l'arrivée à son capital du fonds singapourien Temasek ainsi que du fonds russe Kismet Holdings. Les actionnaires déjà présents (General Atlantic, Eurazeo, Piton Capital, Bpifrance, Partech, Aglaé Ventures et Crédit Mutuel Capital Privé) complètent le tour de table.

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"Tout reste à faire"

Les nouveaux fonds doivent permettre à ManoMano de "conforter sa présence européenne et développer son offre de services", souligne l'entreprise dans son communiqué.

"Aujourd'hui, ManoMano fait 65% de son business en France et le potentiel est énorme en Europe dans les six pays où le site est implanté, qui représentent environ 70% du marché européen global, souligne à l'AFP Christian Raisson. Dans aucun de ces pays-là, il n'y a de leader sur Internet dans le monde du bricolage, du jardinage et de la maison. Or, tous ces pays sont en retardn il y a donc un marché à prendre", renchérit Philippe de Chanville.

Ce dernier relève ainsi que sur un marché du bricolage, de la maison et du jardin estimé à environ 400 milliards d'euros en Europe, "tout reste à faire" pour les ventes sur internet qui représentent une part de seulement 5% -- alors que dans la plupart des autres secteurs, elle est plutôt entre 15% et 20%.

"Notre objectif est vraiment de créer une enseigne européenne", ajoute-t-il, citant comme exemple à suivre le site allemand de mode Zalando.

L'entreprise, qui a recruté 200 personnes en 2019, n'hésitant pas à débaucher des cadres chez Amazon ou Cdiscount, continuera en 2020 sa "chasse aux talents" avec plus de 200 nouveaux postes prévus.

"Pour permettre à chacun de nos marchés de suivre la trajectoire française", et notamment d'accéder à la rentabilité, "nous devons nous adapter encore plus aux spécificités des pays européens en créant la meilleure offre locale dans chaque pays, en fédérant des communautés actives et en développant des services innovants", soulignent les fondateurs, cités dans le communiqué.

Quant à ManoManoPro, l'offre dédiée aux professionnels du bâtiment lancée en mars 2019, elle représente déjà 10% du volume d'affaires de la France. L'objectif : « disrupter le processus d'achat des artisans, en s'attaquant au marché des fournitures du bâtiment », un segment encore peu digitalisé et estimé à 200 milliards d'euros en Europe.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2020 à 0:12 :
recherche une chevre de levage de moteur

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