Ce n’est plus de la science-fiction. Depuis son écran, un cardiologue a implanté un stent dans l’artère d’un patient situé à 2.800 kilomètres de distance. A l’origine de cette performance médicale, la plateforme robotique et connectée mise au point par la medtech rouennaise Robocath.Il s'en réalise une toutes les trente secondes à travers la planète. L'angioplastie coronarienne est l'une des opérations les plus courantes au monde. Elle consiste, grâce à un cathéter, à implanter un ou plusieurs stents dans l'une des artères qui irriguent le muscle cardiaque afin de le revasculariser. C'est pour sécuriser cette intervention pratiquée en routine dans tous les hôpitaux du globe qu'a été fondée en 2009 la société rouennaise Robocath : contraction de robotisation et de cathétérisme
Sa botte secrète ? Une plateforme robotique connectée (R-One de son nom) qui permet aux praticiens de réaliser l'intervention depuis une cabine de « pilotage » placée, en général, à quelques mètres de la salle d'opération derrière une vitre protectrice. Mais cette fois, la medtech et son partenaire chinois MicroPort sont allées plus loin en abolissant la distance. Installé à Pékin derrière l'écran du R-One, un cardiologue est parvenu à implanter un stent dans l'artère d'un patient allongé sur une table d'opération à 2.800 kilomètres de là. Plus précisément à Uruqmi, capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang.
Quand la robotique se conjugue à la 5G
Présentée comme une « révolution » par l'équipe médicale, cette première mondiale arrive à point nommé pour la société rouennaise dont la solution commence à se diffuser en Europe, en Chine et en Afrique. La performance vient valider, en vraie grandeur, la double promesse de sa plateforme. D'une part, protéger les cardiologues des effets des rayons X auxquels ils sont soumis, à haute dose, dans les salles d'opération. D'autre part, traiter plus rapidement les malades éloignés des grands centres hospitaliers à la faveur d'un mix entre la robotique et la cinquième génération des communications mobiles.
L'intervention chinoise a, en effet, été intégralement réalisée en connexion 5G. Pas exactement un point de détail. « La communication (entre le poste de « pilotage » et la salle d'opération ndlr) a pu être assurée tout au long de la procédure grâce à la stabilité et la fiabilité du réseau 5G, supprimant les possibles effets de latence du système d'imagerie et de son », détaille l'entreprise dans un communiqué.