Startups : Isai et Capgemini lancent un fonds commun de 90 millions d'euros

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Au quotidien, Isai Cap Venture sera géré par les équipes d'Isai. Son président et directeur exécutif, Jean-David Chamboredon, est par ailleurs un ancien de Capgemini -ce qui a facilité le rapprochement.
Au quotidien, Isai Cap Venture sera géré par les équipes d'Isai. Son président et directeur exécutif, Jean-David Chamboredon, est par ailleurs un ancien de Capgemini -ce qui a facilité le rapprochement. (Crédits : Charles Platiau)
Le fonds de capital risque français dirigé par Jean-David Chamborédon s'associe au géant du conseil en transformation numérique Capgemini pour créer un nouveau fonds doté de 90 millions d'euros. L'objectif : financer les tours de croissance d'une quinzaine de startups dans le domaine du logiciel BtoB, principalement en Europe.

Et un fonds de plus pour financer les startups ! L'un des champions mondiaux du conseil, le géant Capgemini, et le fonds français de capital-risque Isai, s'associent pour lancer Isai Cap Venture, un nouveau fonds d'investissement doté de 90 millions d'euros. C'est la première incursion de Capgemini dans le "corporate venture", c'est-à-dire le financement des startups par les grands groupes.

Lire aussi : Malgré les tensions, les startups et les grands groupes s'apprivoisent doucement

Les startups du logiciel BtoB dans le viseur

Concrètement, Isai Cap Venture se fixe pour objectif d'investir dans 15 à 20 startups avec des tickets compris entre 1 et 5 millions d'euros, de manière minoritaire en complément d'autres fonds, lors des séries A, B et C des startups spécialisées dans le BtoB (innovations pour les professionnels). L'objectif : repérer "des futurs leaders du logiciel et de l'informatique durable" partout dans le monde mais particulièrement en Europe.

Dans une logique de retour sur investissement rapide, Capgemini souhaite se positionner après l'amorçage, c'est-à-dire lorsque la startup dispose d'un produit fonctionnel qu'elle a déjà commencé à commercialiser, pour pouvoir "créer des synergies" afin d'accélérer sa propre transformation numérique, un enjeu commun à tous les grands groupes qui se lancent dans le "corporate venture".

Au quotidien, Isai Cap Venture sera géré par les équipes d'Isai. Son président et directeur exécutif, Jean-David Chamboredon, est par ailleurs un ancien de Capgemini -ce qui a facilité le rapprochement- et fait partie des personnalités les plus influentes de la tech française, grâce à son implication dans le lobby du numérique France Digitale. Auto-proclamé "fonds des entrepreneurs", connu pour avoir repéré BlaBlaCar et financé son décollage, Isai va apporter son expertise du capital-risque et sa connaissance pointue de l'écosystème d'innovation français à Capgemini, qui, lui, s'engage à contribuer au sourcing des opportunités d'investissement par la mobilisation de ses collaborateurs au niveau mondial.

L'open innovation et le corporate venture en plein boom en France

L'arrivée de Capgemini dans le corporate venture capital (CVC) est plutôt tardive. D'après le troisième baromètre sur le sujet, publié fin mai par Deloitte et Orange Digital Ventures, la France compte déjà au moins 38 fonds créés par des grands groupes. La plupart des entreprises du CAC 40 disposent ainsi de leur véhicule d'investissement dans les startups, dont Total, Orange, LVMH, Engie, Danone, Axa, Airbus ou encore Michelin. Des entreprises publiques comme la SNCF ou la RATP investissent aussi dans les startups.

Véritable complément des stratégies d'open innovation, c'est-à-dire la collaboration avec des startups pour innover dans son secteur, le corporate venture monte en puissance en France et dans le monde. Le nombre moyen d'investissements par CVC est ainsi passé de 3,5 participations en France en 2016, avec un ticket moyen de 4,3 millions d'euros, à 7 investissements en 2018, avec un ticket moyen de 6,2 millions d'euros.

Investir directement dans les startups, le plus souvent en s'associant avec des experts du capital-risque comme Isai, devient un enjeu majeur pour les entreprises traditionnelles confrontées à l'accélération de la transformation de l'économie sous l'effet du numérique. C'est aussi une façon d'infuser la culture startup et de multiplier les partenariats concrets. Mais le chemin est encore long avant que les grands groupes apprivoisent les petits poucets de l'économie : d'après le Baromètre 2019 de la relation entre les startups et les grands groupes, mené par le Village by CA et Capgemini, la collaboration avec les startups reste conflictuelle, marquée par la lenteur du processus de décision, des contrats souvent inadaptés et un manque d'acculturation des fonctions support.

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Commentaires
a écrit le 12/06/2019 à 14:33 :
L'aventure c'est la venture !

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