Hy-Generation veut lever des fonds pour l'industrialisation de son propulseur électrique pour bateaux

Rémi Champeaux, fondateur de Hy-Generation, et Guénaël Roux, en charge des ventes et du marketing, détaillent les ambitions de la start-up bretonne, lauréate de l'appel à innovations mobilités « Jeux olympiques et paralympiques 2024 ».

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Guénaël Roux (à gauche) et Rémi Champeaux, de Hy-generation
Guénaël Roux (à gauche) et Rémi Champeaux, de Hy-generation (Crédits : DR)

Comment vous est venue l'idée d'un propulseur électrique pour bateaux ?

Rémi Champeaux : Je suis ingénieur mais surtout fan de bateau et je subissais la motorisation thermique, la pollution, le bruit. J'avais une carrière professionnelle, mais j'avais envie de participer au développement d'une innovation allant dans le sens d'un meilleur respect de l'environnement. J'ai lancé l'entreprise en 2012, avec l'idée de me concentrer sur une propulsion à hydrogène. Le problème du rendement des hélices conventionnelles m'a fait finalement pivoter vers un propulseur électrique. Nous avons d'abord développé une technologie de pales auto-ajustables puis nous avons décidé d'offrir un produit complet.

La partie électromagnétique nous a demandé deux ans de recherche, la forme, conique, n'étant pas dans les standards de l'industrie. Mais le groupe Socomore, spécialisé dans l'aéronautique, nous a soutenu et nous avons lancé un premier prototype, équipé de ces pales auto-ajustables brevetées, permettant d'améliorer les performances (poussée et vitesse) et l'autonomie des bateaux. Hy-Generation veut maintenant lever des fonds pour l'industrialisation de son innovation.

Guénaël Roux : D'autant que nos études de marché nous indiquent que la demande est bien là. Les calanques, près de Marseille, sont désormais interdites aux bateaux à moteurs thermiques. Amsterdam va les bannir de ses canaux en 2025. Venise serait aussi parfaitement dans la cible. Enfin, nous travaillons déjà avec le Canada et les Etats-Unis - en particulier avec un chantier naval de Los Angeles. En fait, tous les pays du monde, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, qui ont une activité de navigation de plaisance peuvent être intéressés !

Quels sont les avantages de votre innovation ?

G. R. : La performance énergétique de notre propulseur est nettement plus élevée que celle des moteurs thermiques, et notre système est trois fois plus léger, un avantage pour le sortir de l'eau. Il est plus sécuritaire, puisque les pales se trouvent à l'intérieur de la tuyère de protection. Et bien sûr, notre propulseur fonctionne sans bruit ni vibration, il est simple, ne demande quasiment aucune maintenance et ne rejette ni fumée ni polluant...

R. C. : Ce sont autant d'éléments importants, notamment la sécurité, pour les écoles de voile, par exemple, de même que l'absence de bruit : je pense au coach d'aviron qui guide, depuis un bateau, les rameurs lors des entraînements. Enfin, nous participons au maintien de la production industrielle en région, puisque nos équipements sont conçus et fabriqués à Vannes. Et dès que nous aurons réalisé notre levée de fonds, nous embaucherons une vingtaine de personnes, alors que nous ne sommes que trois salariés dans l'entreprise aujourd'hui.

Qu'attendez-vous de votre nouveau statut de lauréat de l'appel à innovations mobilités « JOP 2024 » ?

R. C. : C'est tout nouveau en effet ! Nous espérons bien sûr de la visibilité, internationale. Nous sommes très enthousiastes à l'idée d'échanger avec les membres associés de cet appel à innovations, notamment l'établissement public des Voies navigables de France, et pourquoi pas, équiper les bateaux qui serviront au transport de spectateurs pendant les jeux, de même que les officiels : arbitres ou entraineurs dans certaines compétitions.

G. R. : En tout cas, nous serons prêts ! Nous le sommes déjà !

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