10 septembre : « Les politiques feraient mieux de ne pas ignorer la colère des citoyens »
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Bruno Breton, fondateur de Bloom, décrypte l'origine et l'évolution du mouvement du 10 septembre.
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Bruno Breton, fondateur de Bloom, décrypte l'origine et l'évolution du mouvement du 10 septembre.
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LA TRIBUNE - À quoi peut-on s'attendre lors de la journée du 10 septembre ?
BRUNO BRETON - La politisation du mouvement depuis la prise de position de Jean-Luc Mélenchon le 16 août, puis l'annonce du vote de confiance par François Bayrou le 25 août, a transformé un mouvement citoyen spontané en véritable séquence politique. Le climat étant très tendu, des débordements sont à prévoir. Il y aura de manière certaine des militants d'extrême gauche ou d'extrême droite là pour tout casser. Quand on regarde les narratifs en lien avec le 10 septembre, il n'y a pas de revendication précise. La notion de « tout bloquer » est centrale, mais imprécise et, en périphérie, il y a des références aux retraites ou au pouvoir d'achat. Mais le message principal, c'est : « On en a marre. » Le fait qu'il n'y ait pas de mot d'ordre précis peut indiquer qu'il y aura des violences.
La démission de François Bayrou et l'annonce du nouveau Premier ministre pourraient-elles apaiser la colère qui émane de cette mobilisation ?
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Il est clair que l'annonce du 25 août de François Bayrou de demander la confiance aux députés, a cassé la dynamique du mouvement populaire et conforté sa politisation. Mais la démission du Premier ministre ne répond pas aux colères exprimées, qui sont beaucoup plus larges que sa personne. C'est davantage Emmanuel Macron et sa politique qui sont visés par ceux qui utilisent le 10 septembre comme un levier de protestation contre le pouvoir.