Comment les commerçants se préparent pour la mobilisation du 10 septembre

Les commerçants se retrouvent en première ligne face aux éventuels débordements.
LTD / FRANK PERRY/AFP

Les commerçants se retrouvent en première ligne face aux éventuels débordements.
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À quelques heures du mouvement social « Bloquons tout », prévu mercredi 10 septembre, les commerçants prennent leurs précautions face aux éventuelles perturbations. Le gouvernement (démissionnaire depuis lors) ne « tolérera aucun blocage, aucune violence, aucune action évidemment de boycott », a annoncé lundi sur France 2 le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, et 80 000 gendarmes et policiers seront mobilisés.
Le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux pour exprimer un ras-le-bol général de la politique du gouvernement, s'est étendu à différents secteurs, notamment les transports où certains syndicats ont appelé à la grève. Des appels ont aussi été lancés dans le secteur de l'énergie et des services publics. Mais d'autres types d'actions moins officiels sont attendus : blocages du périphérique parisien et de dépôts d'hydrocarbures, grève de la carte bancaire, actes de sabotage... Face à cette multiplicité de formes d'action, les commerçants ont du mal à anticiper les risques.
Ce mardi, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a averti que le mouvement « a été repris par l'ultragauche », les autorités s'attendant dès lors à « des actions dures ». 100 000 personnes sont attendues dans la rue.
Les commerçants se retrouvent en première ligne face aux éventuels débordements. Ainsi, si les trois quarts des petites entreprises comprennent le mouvement, 66 % craignent un impact négatif sur leur activité, que ce soit une perte de clientèle, des blocages ou une baisse du chiffre d'affaires, rapporte une enquête du syndicat des indépendants et des TPE (SDI).
« Dans les grandes villes notamment, certains petits commerces vont envisager des mesures de protection, commente pour La Tribune Marc Sanchez, le secrétaire général de la SDI. Mais on ne sait pas si la mobilisation sera importante ou pas. » À la question de savoir si des commerçants pourraient tout simplement fermer boutique par mesure de sécurité, « un jour de fermeture dans une activité compte beaucoup », rappelle-t-il. Par ailleurs, des commerçants comptent également tirer le rideau en soutien à la mobilisation.
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Du côté de la grande distribution, les supermarchés sont aussi sur le qui-vive. Ils avaient déjà été touchés de plein fouet par les blocages de ronds points lors de la crise des « gilets jaunes » ou plus récemment par les pillages lors des émeutes de l'été 2023. Certaines enseignes comme Casino ou Intermarché ont préféré anticiper et faire des stocks en augmentant leurs livraisons.
« On est entre trois et dix jours de stockage selon les familles de produits. Ce qui permettrait, si le mouvement continue, de pouvoir quand même continuer à alimenter les Français », a commenté lundi le patron du Groupement Mousquetaire et Intermarché, Thierry Cotillard sur RMC BFM.
Néanmoins, les patrons des grandes enseignes s'inquiètent des appels aux « chariots gratuits », une pratique qui consisterait à faire ses courses sans les payer. « Quand la consigne des extrêmes, c'est de rentrer dans un supermarché, de sortir sans payer, ça s'appelle du vol. Donc j'en appelle vraiment au civisme des manifestants pour que ce genre d'incident ne se produise pas, puisque bien évidemment nous nous organiserons en fonction », a ainsi complété Thierry Cotillard.
Les restaurateurs aussi vont être perturbés par la mobilisation. « Nous avons peur des débordements mais aussi des conséquences de ces manifestations », commente à La Tribune, Franck Chaumes, président de la branche restauration de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH). Même si, selon lui, les restaurateurs ne sont pas la cible des manifestants.
Car au-delà des perturbations, les restaurateurs s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires. « La première de nos inquiétudes est de savoir si nos salariés vont pouvoir venir et si nos clients seront au rendez-vous », complète-t-il alors que les professionnels du secteur ont déjà enregistré des annulations de réservations. Il souligne également le risque pour les buralistes qui « peuvent être la cible de saccage et de vols ».
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Certains restaurateurs soutiennent néanmoins le mouvement et vont y participer à leur échelle. Quelques professionnels comptent ainsi proposer des ristournes aux clients qui paieront en liquide à la place de la carte bancaire.