Les ventes de musique numérique dopées par l'accord Deezer-Orange

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Depuis un an, le service de musique en ligne est proposé d'office à la plupart des nouveaux clients d'Orange, ce qui lui a permis de gagner un million de clients payants. Résultat: les reversements aux producteurs ont plus que triplé en un an.

La musique peut dire merci à Orange. L'accord conclu il y a un an entre l'opérateur téléphonique et Deezer a dopé le chiffre d'affaires de la musique en numérique: au premier semestre 2011, ce chiffre d'affaires a augmenté de 23%, à 53 millions d'euros, selon le Snep, le syndicat des producteurs de musique. Cette hausse provient, pour les deux tiers, des abonnements à des services de musique sur Internet, dont les recettes ont été multipliées par 3,4 (à 9,7 millions d'euros).

Explication principale: depuis un an, Deezer est proposé d'office dans la plupart des nouvelles offres d'Orange, et a ainsi conquis un million de clients payants. "En un an, Deezer est passé de 5% à 20% de mes revenus numériques en France", a expliqué Denis Ladegaillerie, président du label Believe (et aussi du Snep).

Les détails de l'accord entre Orange et Deezer ont été révélés à l'occasion du procès avec Universal Music. A cette occasion, on a appris que, pour chaque abonné Orange, Deezer reverse aux producteurs 2,24 euros HT par mois. Un accord d'autant plus généreux que cette somme est versée même si le client Orange n'utilise pas le service. Selon Denis Ladegaillerie, "25% à 35% des clients activent le service, mais ce taux monte à 90% chez les possesseurs de smartphones. Au total, la rémunération par client actif est équivalente à celle que reverse Deezer sur son offre d'abonnement". Dans cette dernière offre, Deezer reverse 70% du prix selon le jugement du procès, ce qui fait 7 euros pour un abonnement à 9,99 euros par mois.

Toutefois, la progression des ventes de musique numérique ne compense toujours pas la chute des ventes de CD. Globalement, le marché a reculé de 6% au premier semestre, à 226 millions d'euros. Mais, au mois de juillet, pour la première fois, les deux tendances se sont équilibrées et le marché a été stable.

Subventions

Parallèlement, le Snep a plaidé pour la création d'une subvention à la production réalisée en France. Le lobby réclame 45 millions d'euros, faute de quoi "il va y avoir un vrai problème de diversité". Pour le directeur général du Snep, David El Sayegh, "la solution la plus simple" serait de puiser dans la taxe que les fournisseurs d'accès à Internet versent au CNC "qui génère plus que prévu. Le cinéma souffre moins que la musique et est aidé à plus de 40%, alors que les subventions pour la musique représentent moins de 2% du chiffre d'affaires du secteur".

Hadopi

Enfin, le Snep a demandé à la Hadopi de "faire son travail" et de renvoyer devant la justice les pirates multi-récidivistes. Faute de quoi, l'autorité de lutte contre le piratage «se déjugerait» et le Snep serait "très mécontent". Le lobby des producteurs a aussi jugé "aberrante et infondée" la proposition de Martine Aubry d'abroger Hadopi tout en instaurant une taxe d'un euro. "Cela ne rapportera que 220 millions d'euros par an. Ce serait légaliser la piraterie et détruira le marché. Marine Aubry a parlé de contribution créative, qui n'est pas autre chose que la licence globale", a fustigé David El Sayegh.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2011 à 10:22 :
et hubluc?

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