Fin du monde : l'argument publicitaire ultime... y compris pour les ONG

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Capture d'écran du site ldlc.com. Copyright LDLC.com
Capture d'écran du site ldlc.com. Copyright LDLC.com
Ce n'est pas la première fin du monde, mais ce n'est pas la dernière fois que les communicants utilisent le filon. La preuve... par un petit tour du web.

La fin du monde ? Ce ne sera apparemment que la 181e fois qu'elle nous menace. Alors, c'est une redite, certes, mais cela demeure un coup marketing indiscutable pour quelques marques. En surfant sur la Toile, on s'aperçoit en effet que des communicants et des sites de commerce en ligne n'ont pas hésité à jouer cette carte.

"L'émotion est un bon filon"

La méthode n'est pas nouvelle, mais elle fonctionne. C'est en tout cas ce qu'explique Thomas Jamet, président de Moxie, l'agence spécialisée dans les contenus et le social media du groupe Publicis. "On est dans une sorte de moment où on a envie de se faire peur. Les sites de marques et de e-commerce se servent de ça pour créer de l'émotion. Dans l'émotion il y a toujours quelque chose de bon à prendre pour une marque", analyse-t-il. Et de préciser "l'émotion est un excellent stimulus pour générer une hausse des intentions d'achat, ou augmenter l'affinité envers la marque". "Le digital permet de vivre cela de manière plus intense. On est dans le pur "storytelling", dans la pure émotion", précise Thomas Jamet. "La fin du monde, la Saint Valentin, Noël, tous ces marqueurs temps sont très utilisés par les marques", conclut-il. Et à chacune sa méthode marketing, bien différente. 

  ? S'il est une marque qui ne devait pas hésiter à surfer à fond sur la vague apocalyptique, c'est bien un fournisseur de préservatifs... Cette fois, c'est Durex qui a sorti cette carte. La marque se sert ainsi clairement de la fin du monde comme outil marketing. Un argument qui convaincra peut-être les membres de "ce groupe Facebook"...



  ? Le ressort "c'est la fin du monde, profitons-en" est également repris dans les cosmétiques. Cette fois chez Axe, habitué à s'amuser des comportements - supposés - de ses clients (des hommes, plutôt jeunes). La marque de déodorants a ainsi lancé une édition 2012 "spéciale fin du monde" dont les pouvoirs attractifs envers la gent féminine semblent plutôt salvateurs pour le héros du spot publicitaire, sorte de remix de l'arche de Noé.


Voir la vidéo :


  ? Les célèbres lapins crétins sont eux aussi de la partie. Les créatures d'Ubisoft, adeptes des parodies vidéos ne pouvaient décemment pas passer à côté de l'effet "peur de la fin du monde". 

Voir la vidéo :


  ? La marque de correcteurs Tipp-Ex a elle aussi fait un clin d'oeil à l'angoisse apocalyptique. Mais ici, la méthode est un peu différente puisqu'elle reprend le principe du marketing participatif expérimenté dans une vidéo sur YouTube. Cette fois, l'internaute peut choisir à quelle date se termine la scène.

Voir la vidéo :


? Et côté marketing participatif, dans la catégorie "connectée" on trouve le site LDLC.com. Le revendeur de matériel informatique mise sur la viralité via de nombreux partages sur les réseaux sociaux. Si vous avez manqué ça, on récapitule. Mardi dernier, l'entreprise poste un message humoristique sous forme de planche de BD sur sa page Facebook. Deux oiseaux discutent en s'inquiétant de la prochaine fin du monde. Mais ils se rassurent vite en évoquant le bunker LDLC. L'internaute est donc invité à cliquer sur un lien et...

 

et... pour ceux qui ne seraient pas "fan" de la marque sur le célèbre réseau social, et qui seraient donc passés à côté de l'info, le site Internet Journal du Geek s'est chargé de reprendre le message sur le réseau de micro-blogging Twitter :

Un message aussitôt retweeté par LDLC qui ne manque pas d'humour.

  Finalement, lorsqu'on clique sur le fameux lien, voici ce que l'on découvre :



 

Et le site de détailler ledit bunker très précisemment un peu plus bas :

 

Incrédulité de l'internaute : est-ce un fake ? Mais qu'est-ce donc que cela ? Bref, pari réussi, l'internaute a TRES envie de cliquer sur la flèche orange. 

Et lorsqu'on clique, voici le message qui apparaît :




Une note très amusante qui confirme qu'il ne s'agissait que de vous "piéger".

Et la méthode semble fonctionner. Le jour du lancement de cette "publicité", le site a connu une forte recrudescence de visites. Gilles Devletian, chargé d'animation éditoriale et communautaire chez LDLC.com confirme : "nous avons eu 25.000 visites supplémentaires mardi". Ce qui ne fait pas moins de 25% supplémentaires, par rapport aux 100.000 visites quotidiennes, explique-t-il.

? Enfin, même les organisations humanitaires s'y mettent. Mais avec une autre grille de lecture. Première urgence, l'aide médicale internationale a en effet lancé une campagne utile pour alerter sur la faim dans le monde, qui elle, menace réellement 870 millions de personnes.





Lire aussi : Apocalypse : guide de survie... pour les budgets de 0 à 100 millions d'euros

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Commentaires
a écrit le 21/12/2012 à 18:21 :
"La fin du monde en 2012", bien sûr que c'est un bon filon. et très marrant d'ailleurs!!
Bonne fin du monde à tout le monde!!
a écrit le 21/12/2012 à 17:01 :
Les dieux mayas étant tombés sur la tête,reste à attendre la fin de cette journée en buvant du ...coca!
a écrit le 21/12/2012 à 14:01 :

C'est la même que l'on voit sur l'illustration de cette article et celui de Libération sur la Touchkanie.

http://voyages.liberation.fr/files/images/image/livretouchka.jpg
a écrit le 21/12/2012 à 9:00 :
La fin du monde est tellement un bon filon, qu'il serait intéressant d'y penser comme remède durable à la crise! Pourquoi ne pas planifier une fin du monde tous les ans à Noël ? Voici une idée pour 2033...
http://www.actudumoyenage.fr/2012/12/fin-du-monde-pourquoi-pas-en-2033.html
a écrit le 21/12/2012 à 8:56 :
excellent le coup du bunker ! Mais je pense pas que les vrais geeks se soient fait piéger l affiche ressemble beaucoup dans le style à ce qu on trouvait dans les jeux de la série "Fallout" dans ce cadre la il était question de survivre à l apocalypse nucléaire dans un bunker collectif souterain .

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