Bluesky, un refuge pour les orphelins de X (Twitter)... mais pas pour les annonceurs
Marine Protais
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Dotée d'un statut de « benefit corporation » (entreprise à mission), Bluesky se refuse à commercialiser les données personnelles de ses utilisateurs.
D.R.
Suite au blocage de la plateforme d'Elon Musk au Brésil, le réseau social concurrent Bluesky a gagné près de 3 millions d'abonnés en quelques jours, avec un pic d'activité qui suggère qu'ils se sont inscrits pour y rester. Mais si la plateforme a de quoi séduire les utilisateurs déçus ou privés de X, elle est en revanche peu armée pour capter les parts de marché publicitaire que X continue de perdre.
« Maintenant nous sommes une application brésilienne », s'est amusé l'américain Bluesky en commentant via sa propre plateforme l'arrivée massive de nouveaux utilisateurs ces derniers jours. L'acteur du micro-blogging a directement bénéficié du blocage de X (ex Twitter) au Brésil. Une décision prise par la Cour suprême suite au refus d'Elon Musk, propriétaire du réseau social, de se conformer au droit du pays.
Bluesky aurait gagné 2,8 millions d'utilisateurs en l'espace de 5 jours selon les derniers chiffres donnés par la plateforme. A titre de comparaison, elle avait accueilli l'année de son lancement, alors qu'elle n'était accessible que sur invitation, 3 millions d'utilisateurs.
Les exodes vers Bluesky et les autres concurrents de X sont récurrents depuis son rachat par Elon Musk en 2022. A chaque prise de parole extrême du milliardaire et autre changement brutal de fonctionnalité, c'est la même rengaine. Des milliers d'utilisateurs d'utilisateurs décident que c'est la goutte de trop qui leur fera quitter X.
Au fil des mois, les gouttes d'eau ont fini par former un océan. La destruction du système de modération et de certification des comptes, conduisant à l'apparition d'une horde de bots, la réhabilitation de comptes bannis, la banalisation des vidéos violentes, des propos racistes et de la désinformation, ont poussé des millions d'utilisateurs à fuir l'ancien oiseau bleu.
Mais aucun pic d'inscription n'est comparable à celui suscité par le blocage de X au Brésil. Ce bond inédit s'explique par la forte appétence pour les réseaux sociaux des Brésiliens, qui font partie des internautes passant le plus de temps en ligne, avec 9h30 en moyenne par jour.
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